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 Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out

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MessageSujet: Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out   Mer 7 Aoû - 20:13




Rafael & Lisbeth
E

nfin sortir de cet établissement qui sentait la mort. On avait beau dire l'hôpital n'était pas un endroit sympathique, on ne pouvait pas se reposer étant donner que dans les chambres, quand on avait la chance d'être seul on entendait toute la nuit les infirmières dans les couloirs, les bruits des machines. De ma fenêtre je regardais la pluie battre sur la ville, on ne voyait que des immeubles allumés jour et nuit Rien de bien passionnant quand on est cloîtrer dans un lit avec l'interdiction de se lever. La première où j'avais pu marcher un peu c'était quelques jours après mon réveil, j'avais demandé à voir mon époux. Il n'y avait rien de sentimentale, je voulais voir mon époux, celui qui avait reçu trois balles dans le corps. On m'avait annoncé son décès, je m'étais tourné sur le côté dans le lit et malgré tout ce qu'on pouvait dire de mal de moi j'aurais voulu pleuré mais mes yeux étaient trop secs pour répandre la moindre larme. J'avais demandé à le voir à la morgue chose qu'on m'avait accordé étant donner que j'étais sa femme. J'avais pris ses affaires personnels, montre, alliance je ne pouvais pas garder cela je serais bien obligé de les revendre. Pendant plusieurs jours, l'inconscience avait été ma meilleure amie, je la côtoyais tellement souvent que les moments de lucidité me paraissait irréels. Et puis un kinésithérapeute venait me voir plusieurs fois par semaine pour faire marcher mes jambes, me muscler de nouveau l'épaule qui m'élançait à chaque mouvement.

De nouveau dehors je respirais à plein poumon l'air frais essayant de reprendre ma vie où je l'avais laissé. Malgré mon congé maladie qui ne m'enchantait pas le moins du monde, je tentais de rester active en me montrant dans la rue, je mettais de la poudre sur mon visage pour qu'il paraisse moins pâle. Je refusais de porter une écharpe en dehors ma maison, je ne voulais pas avoir l'air d'une handicapé. Je voulais que l'image de la femme digne en toute circonstance, de celle qui reste debout malgré les tourments ne changent pas, personne ne voulait que je pleure à l'enterrement de mon mari alors je ne l'avais pas fait, soutenue par le Harvey, le secrétaire d'état meilleur ami d'Henry. Il avait été très attentionné, s'occupant de moi avec tendresse, je le connaissais depuis mon mariage avec Robert, il avait été mon amant et sans lui je n'aurais pas connu intimement Henry, un vrai sauvage à l'époque. Et puis je n'avais pas voulu me marier avec Harvey à son grand désespoir mais ça n'empêchait pas que nous soyons des amis proches et que son soutien en cette période difficile fut un soulagement. Le lendemain de l'enterrement je prenais l'avion pour New York, j'avais besoin de me changer les idées, d'aller dans un autre endroit que ma maison, avec des gens que je voyais tous les jours. J'avais prévu de passer une semaine à New York voir mon ami Dale au passage et ensuite de passer un mois en France dans ma maison secondaire à Nice.

Avant ma devise contre la tristesse était de faire du shopping ou d'aller rendre visite à un amant. En ce jour de pluie j'avais opté pour la première solution, depuis ma dernière nuit avec John j'avais compris que le sexe n'occupait plus une place si importante dans ma vie. Cela avait eu un autre goût, avant j'étais trop gourmande, je redemandais toujours une part du gâteau. Il me fallait revoir mes priorités, comprendre que j'avais trop manger et que je faisais une indigestion. Peut-être que dans un sens je ne me sentais plus capable de donner et prendre du plaisir parce que je me sentais coupable d'avoir fait du mal aux autres, je n'avais pas eu cette sensation après la mort de Robert. Pourquoi les choses tournaient si mal ? Autant de question qui tournait dans ma tête que je voulais chasser pour tenter de penser à autre chose, continuer ma vie.

Il était tard, j'avais faim. J'entrais dans le premier restaurant que je voyais. "Los Hermanos – Sabor a Colombia" c'était le nom et j'en pris connaissance une fois à l'intérieur, l'ambiance était chaleureuse et j'étais contente d'être arriver ici. Je me dirigeais vers le bar, mes paquets dans les mains, je pris place sur un siège posant mes sacs à mes côtés. Je faisais attention de toujours garder mon bras droit contre mon corps, à défaut de ne pas porter mon écharpe j'étais rendu à ne pas bouger pour que la douleur soit moins pénible et que la blessure cicatrise.

Vous pouvez me donner un orgasme ? C'est un cocktail : une cuillère de liqueur de menthe verte, deux cuillères de tequila et deux cuillères de crème de whisky.

La tête du barman était à mourir de rire, alors que je venais juste de lui donner ma commande il m'avait prise pour un cinglée à lui demander un orgasme, comme si je lui avais demander la chose la plus insensée qu'il soit. Il aurait du savoir que c'était un cocktail et la façon de le faire. En attendant je m'asseyais un peu plus confortablement, croisant mes jambes sans froisser ma robe couleur prune.

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Invité
MessageSujet: Re: Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out   Ven 16 Aoû - 14:29



Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out
Rafael Calderón Guerra & Lisbeth M. Spacey




    Gérer un restaurant, pour Rafael, c’était comme l’accomplissement d’un rêve d’enfant. Un rêve très lointain, d’une enfance perdue dont, au fond, il n’avait pas vraiment de souvenirs… En réalité, l’homme avait le sentiment d’avoir été forcé à grandir plus vite que prévu. Les plus éminents psychiatres et psychologues s’entendent toujours pour dire que l’enfance joue un rôle essentiel sur l’adulte que deviendra un être humain lorsqu’il aura atteint sa maturité. Mais, même si cela constituait un remarquable sujet d’étude, Rafael ne s’était jamais vraiment penché sur la question. Et rares étaient ceux qui avaient osé se pencher sur son cas pour s’interroger dessus et essayer de tirer l’une ou l’autre conclusion… Raf était devenu un homme trop rapidement. Il avait tué en étant encore tout jeune. Il avait appris à se battre et à tuer avant même de savoir quelles sortes d’amusements pouvait lui procurer la vie. Il avait découvert assez vite sa soif d’apprendre, mais il n’était pas encore parvenu, à quarante ans passés, à assouvir cette soif.

    Des études, des exercices, des apprentissages… Oui, il était passé par là. Le goût pour la gastronomie, qu’il considérait comme un véritable art. L’art culinaire… Il cultivait cela avec plus de délicatesse et de subtilité qu’il n’en avait jamais manifesté pour aucun autre domaine. Calderón Guerra avait beau avoir reçu une éducation relativement dure et, pourtant, il était parvenu à cultiver son propre goût. Celui des belles choses et celui des bonnes choses. Alors il mettait un véritable point d’honneur à préparer lui-même les plats du restaurant, avec de temps en temps l’aide de l’un ou l’autre cuisinier, mais il avait élaboré lui-même les recettes et aimait ajouter dans les plats sa pette touche personnelle.
    Ce restaurant, c’était son rêve. Un rêve réalisé, avec l’aide et le soutien de la famille, bien sûr… et peut-être malheureusement, car, au final, cela signifiait que Rafael était redevable à ceux de son sang. Pas la peine d’aller plus loin, il savait très bien que Juan trouverait, à un moment ou un autre, le moyen de faire comprendre à son frère cadet qu’il lui devait quelque chose. Et cela, eh bien, Rafael ne le voulait pas. Ce type qu’il devait appeler son frère était un être détestable et au fond de lui, Raf le haïssait tout en l’appréciant en partie. C’était étrange, comme sentiment, terriblement complexe du fait de ce véritable oxymore que constituaient les sentiments contradictoires du cadet pour son aîné… Rafael ne pouvait même plus se rappeler le moment exact où il avait commencé à le détester… Cela remontait à loin, très loin…
    Et c’était, somme toute, pour cela que Rafael préférait que Juan n’ait pas grand-chose à voir avec le resto. « Los Hermanos – Sabor a Colombia » appartenait en théorie aux quatre membres de la fratrie, mais Raf avait une forte tendance à le considérer comme sien. Après tout, c’était lui qui avait fait les études de commerce destinées à pouvoir gérer un établissement où les gens venaient dépenser leur fric, et s’il avait poursuivi par une formation en cuisine gastronomique, ce n’était pas pour rien, il visait l’accomplissement de son rêve, simplement… mais cela était plutôt bien tombé par rapport aux projets du cartel.

    Dans une période relativement calme, comme c’était le cas à cette heure-ci, le quadragénaire s’affairait en cuisine principalement. Il passait de temps en temps en salle, mais il n’était pas assez sociable pour apprécier cela. L’engagement d’un jeune homme pour servir au bar lui avait semblé être une idée plutôt bonne et il n’avait pas eu peur de prendre un débutant. Blond, l’air assez sympathique, suffisamment mignon pour attirer des filles… Il avait fallu compter avec l’approbation de Juan. Mais Raf avait eu son mot à dire et il avait été plutôt satisfait de cela.

    Pour le moment, l’Américain d’origine colombienne préparait consciencieusement les différentes épices dont il aurait besoin. C’était une sorte de rituel assez précis pour lui : il fallait commencer par ôter son Beretta de son holster, le glisser à l’arrière de sa ceinture, pour n’être pas dérangé par l’arme à feu dans ses mouvements. Ensuite, l’homme alignait des sachets d’herbes odorantes, des flacons, des petits pots… il classait le tout par ordre alphabétique, par pure habitude… et ce soir, une fois que tout serait terminé pour aujourd’hui, tout cela ne serait plus du tout ordonné et il faudrait recommencer. Chaque épice était minutieusement vérifiée, au niveau de la qualité et de la quantité. Jamais Rafael n’aurait toléré l’idée de tomber à court de l’une ou l’autre épice.

    Une fois ce rituel terminé, il remit son arme dans son holster et se décida à aller voir comment le jeune Austin s’en sortait derrière le bar. C’était son premier jour seul au comptoir et Rafael voulait qu’il puisse s’en sortir, puisque sa présence lui laissait une certaine liberté de mouvement, ce qui n’était pas négligeable pour un homme avide de liberté.
    Sa première réaction en voyant la scène du comptoir le fit froncer les sourcils. Une jeune femme était là et citait des ingrédients au jeune homme qui semblait un peu paumé. Calderón Guerra s’approcha et posa la main sur l’épaule du barman qui avait sorti un shaker et un verre tulipe.


    "Range ça, Jason. Tu confonds avec le « Doux orgasme »…" Raf prit un shooter derrière le comptoir. Ce cocktail se réalisait directement dans le verre. Il versa de la tequila, du Get 27 et demanda à Jason de lui passer le Bailey’s. La tequila se mélangea au Get 27, créant ainsi un vert proche du cyan, tandis que le Bailey’s resta bien séparé de ce mélange.
    L’homme avait réalisé le cocktail en montrant bien à son jeune barman comment il fallait procéder, puis il posa le verre devant la cliente présente.
    "Voilà, señorita." Une petite tape dans le dos de Jason, puis il lui dit : "L’orgasme est pour moi, Jason." et ajouta, pour la jeune femme : "Il faut qu’il apprenne, mais je préfère qu’il ait un exemple avant d’expérimenter par lui-même."


©Richard Seiryu / It's Snow in hell


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MessageSujet: Re: Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out   Sam 17 Aoû - 13:08




Rafael & Lisbeth
L

a première chose qui m'avait frappé en entrant dans ce restaurant c'était la gaieté qui régnait. Les gens attablés, étaient prêt à déguster des plats pour se faire plaisir, certains étaient entre ami, entre amoureux ou avec de la famille. Tout cela me rendait si triste, j'étais seule, seule dans mon cœur... et dans la vie Je n'avais jamais songé à la solitude avant, je me complaisais à dire que j'avais des amis, un mari et ma famille. Alors que j'étais dans cet hôpital en train de ruminer des idées noires la seule personne qui était venu s'était mon frère pour m'annoncer que nos parents étaient mort dans un accident d'avion. On ne parlait plus de l'attentat à Washington où la vie d'un député avait été enlevé, on parlait de cet accident d'avion où plusieurs personnes avaient perdus la vie. Je ne faisais plus partie du centre d'attention et je devais bien avouer que ça avait un goût amer, avant je faisais tout pour être le centre d'attention, qu'on me remarque moi et personne d'autre. Je devrais chasser ces mauvaises pensées de mon esprit, ce n'était qu'une mauvaise passe après tout, c'était la même que lorsque j'avais perdu mon enfant il y a plusieurs années. Non pas que je regrette de n'avoir pas eu d'enfant, je n'en ai jamais voulu, mais c'est une partie de nous qui s'en va, qu'on nous arrache brutalement, la douleur est plus forte que ce qu'on peut imaginer.

Assise sur mon siège je regardais non plus autour de moi mais ce barman qui ne connaissait pas le cocktail que je venais de lui demander. C'était un cocktail que l'on boit dans les soirées étudiantes, pas dans des bars. J'aurais aimer rire mais il fallait croire que ce n'était pas à l'ordre du jour. Je me contentais de le regarder d'un air qui voulait dire "je suis tombée sur l'idiot de service" quand un autre homme surgit pour aider le barman. Je fus surprise de trouver en ces lieux Juan Calderón Garcia, non ce n'était pas Garcia enfin ça commençait par un G. J'avais du mal à retenir les noms de famille long est les espagnols s'appelaient souvent Garcia. Il ne posa pas un seul regard sur moi, montrant bien au jeune comment on faisait le cocktail, il faisait ça très bien on aurait dit qu'il avait fait ça toute sa vie. J'attendais patiemment qu'il finisse ne pouvant m'empêcher en même temps de regarder cet homme qui m'avait toujours paru... Comment dire ? Il représentait parfaitement l'image que je me faisais de l'homme viril, il était un peu le Clint Eastwood dans Sur la route de Madison ou Robert Redford dans L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux. Il donnait cette image de l'homme aventureux dont une femme mariée s'éprendrait et malheureusement ils ne pourraient pas être ensemble à cause du mari. Mais tout ça c'était bon pour les romans à l'eau de rose qui faisait pleurer les femmes en manquent d'amour, de frisson. Je revenais sur terre une fois le verre devant moi, j'étais un peu surprise qu'il ne m'est pas salué, ça faisait un moment que je n'avais pas vu Juan mais quand même je n'avais pas tant changé que ça.

Je ne m'attendais à vous trouver ici Juan, avocat le jour, barman la nuit.

Le costume lui allait bien mais je le voyais mieux garagiste, avec la vieille salopette, le cambouis partout ou représentant de commerce. Enfin je n'étais pas là pour parler de sa profession, il était bon dans ce qu'il faisait. Je buvais une gorgée de mon verre, c'était délicieux, un peu plus fort que dans mes souvenirs mais c'était agréable.

Je pense qu'avec son visage d'ange il a déjà du expérimenter ça par lui même. Je en savais pas qu'il existait des doux et des orgasmes corsés.

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MessageSujet: Re: Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out   Sam 17 Aoû - 15:42



Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out
Rafael Calderón Guerra
& Lisbeth M. Spacey







    Rafael n’était pas un grand gentleman. Il détestait l’hypocrisie et estimait que la politesse était une forme d’hypocrisie. La plupart des gens en usaient de manière excessive et presque déplacée. Dire « Bonjour », par exemple, c’était souhaiter une bonne journée à quelqu’un. Pourquoi utiliser une telle formule pour saluer des gens ? surtout des gens que l’on n’appréciait pas, d’ailleurs…
    Pour éviter les ennuis dus au dégoût qu’il éprouvait pour l’humanité, Calderón Guerra préférait la solitude. Il n’embêtait personne, alors, et, surtout, personne ne l’embêtait. Dans sa cuisine, il était comme dans une bulle de solitude. Les assistants se fondaient dans le décor et lui, il se sentait presque heureux dans cet environnement. Cuisiner, pour lui, c’était comme produire une scène de crime : c’était ce qui l’excitait le plus dans la vie, car ce travail faisait appel à sa réflexion, son expérience, sa créativité et son intuition en même temps. Une occupation délectable, en somme.
    Mais il y avait un jeune barman pas encore bien formé. Et il fallait l’épauler, lui apprendre. Rafael n’était pas pédagogue dans l’âme. Il ne montrait les choses qu’une fois et tant pis pour celui qui n’avait pas compris : cela signifiait juste qu’il n’était pas à la hauteur et qu’il était donc sacrifiable.
    Que Jason puisse ou non reproduire le cocktail après la démonstration de son patron, Rafael s’en foutait royalement. Il avait fait son job, avait même offert ce cocktail-démonstration à la cliente qui l’avait commandé et il était prêt à regagner son territoire…

    C’était au moment précis où Rafael tournait les talons pour regagner la cuisine que la jeune femme lui avait adressé la parole. En lui servant du « Juan », le prénom de ce frère honni, de ce frère que Rafael haïssait autant qu’il pouvait pourtant l’apprécier. L’homme se renfrogna. Cela résonnait comme une insulte à ses oreilles et son poing se serra dans la poche de son pantalon tandis qu’il posait un regard sombre sur cette dame.


    "Je ne pense pas que Juan apprécierait votre plaisanterie. Je lui dirai que vous êtes passée, si cela peut vous faire plaisir, mais mon frère est bien trop orgueilleux pour servir autre chose que sa propre personne. Vous ne le verrez jamais derrière ce comptoir."

    Le ton était ferme, les propos suffisamment polis pour être perçus comme sincères. Et c’était bien ce que pensait Rafael, à ceci près qu’il avait déplacé l’insulte pour éviter de faire des vagues. Les gens ne comprenaient pas, de toute façon, ce que c’était que d’être pris pour son frère qui avait si bien réussi. Rafael n’était pas mauvais dans ce qu’il faisait, simplement parce qu’il faisait ce qu’il aimait. Mais il pouvait devenir extrêmement mauvais lorsqu’on le comparait à son détestable frère aîné.

    Elle embraya ensuite sur les cocktails, parlant de Jason comme si elle le connaissait. Rafael ne saisit pas tout à fait ce qu’elle voulait dire, mais ça n’avait aucune espèce d’importance. Tant qu’elle consommait et semblait se plaire ici, lui, il aurait l’occasion de cuisiner, alors autant que Jason ramène des gens avec sa belle gueule, c’était un atout en ce sens.
    Cette dame évoqua ensuite les deux sortes de cocktails « Orgasme ». Calderón Guerra la fixa à nouveau de son regard havane, puis il dit simplement :


    "C’est comme pour tout. Chaque chose a un côté doux et un côté corsé. Les ingrédients ne sont pas tout à fait les mêmes, mais il reste des similitudes. Dans ce cas, surtout la tequila."

    Aux yeux du quadragénaire, c’était vrai aussi pour les personnes. Il savait, par exemple, que Juan était une véritable ordure avec lui, mais qu’il pouvait être un ange avec ses conquêtes. Il savait que lui-même était adorable avec Carmen et détestable avec Juan. La roue tournait, les gens changeaient…

    "Ce n’est qu’une question d’adaptation à son public, en quelque sorte."

    Jason Austin partit s’occuper des commandes d’une table de jeunes femmes qui ne devaient pas avoir plus de vingt ans. Heureusement, il passa s’occuper du couple de personnes âgées de la table douze auparavant. S’il ne commettait pas d’erreur, il pourrait rester ici, Rafael lui ferait un contrat en bonne et due forme et il n’y aurait aucun souci. Raf le surveillait du coin de l’œil, vérifiant de cette manière qu’il avait fait le bon choix, mais, au fond, il ne saurait si c’était le cas que lorsqu’il allait le voir à l’œuvre dans une salle bondée.


©Richard Seiryu / It's Snow in hell


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Dernière édition par Rafael F. Calderón Guerra le Sam 17 Aoû - 19:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out   Sam 17 Aoû - 18:09




Rafael & Lisbeth
L

a ressemblance entre les deux hommes était stupéfiante, à croire qu'ils étaient jumeaux. Je me rendis vite compte de ma bévue au regard sombre qu'il me lançait. Il n'appréciait pas du tout qu'on le confonde avec son frère, je ne connaissais pas leur relation mais j'imaginais qu'entre frère elle était compliqué. Les garçons ont toujours un esprit de compétition entre eux, de jalousie même qui font que les choses sont toujours compliqué et quand on en confond un avec l'autre c'est la grande catastrophe. Cette compétition existait aussi chez les frères et sœurs, mais c'était moins marqué, déjà on ne pouvait pas vous confondre mais combien de fois j'avais entendu petite fille que mon frère était mieux, faisait ça alors que moi je n'y arrivais pas, qu'il était meilleur en mathématiques et que je devrais le prendre en exemple. Je l'avais haïe enfant pour être le fils modèle, d'un côté ça m'avait permis d'affermir mon caractère, de m'imposer. Plus jamais on me disait qu'il était mieux que moi, nous étions deux personnes bien distinctes avec chacun nos qualités et nos défauts. Je pouvais en parti comprendre que l'homme en face de moi n'était pas content d'être pris pour son frère, je lui devais des excuses mais au lieu de baisser le regard et de m'excuser d'une toute petite voix comme le ferait la majorité des gens je le regardais dans les yeux.

Je vous prie de m'excuser vous vous ressemblez tellement que je vous ai confondu.

Je l'observais encore quelques minutes et baissais le regard sur ma boisson, me perdant dans la couleur cyan. La couleur me faisait penser à la mer dans le sud de la France, elle était claire et limpide. J'irais sûrement y passer quelques semaines, j'étais bloqué autant me faire plaisir en partant un peu loin du nouveau continent. Je relevais les yeux vers lui parce qu'il m'avait adressé la parole au lieu de partir retourner dans ses cuisines puisque ça avait l'air tellement plus intéressant que ma personne. Je restais surprise tout de même qu'il existe deux types de cocktails, étudiante j'utilisais essentiellement de la tequila et quand ça manquait je mettais de la vodka ou même du whisky à la place, en général à la fin des soirées le but n'était pas d'apprécié ce qu'on buvait mais de boire pour rire avec les autres. Je buvais le reste de mon verre et retins une grimace, c'était quand même corsé et je n'avais plus l'habitude de boire des alcools plus fort que le gin. Il dû tout de même le voir à mon visage mais je ne disais rien.

Mais tous ne s'adapte pas au public, il y a les boissons dit "d'homme" comme le bourbon et ceux de "femme". Vous pouvez me faire goûter celui qui est doux ? Quel est votre prénom s'il vous plaît ?

J'avais poussé le verre vide dans sa direction pour qu'il me le remplisse. Il pouvait aussi m'en donner un vrai je serais plus que ravi d'avoir une soirée en agréable compagnie que de la passer toute seule. En fin de compte cet homme était beaucoup plus charmant que son frère, jamais Juan ne m'avait donner envie d'acheter de la lingerie fine contrairement à son frère. Cette pensée me fit sourire, le premier vrai sourire de la journée.

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MessageSujet: Re: Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out   Sam 17 Aoû - 19:29



Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out
Rafael Calderón Guerra
& Lisbeth M. Spacey




    Chaque être humain était différent des autres. Il n’y avait nulle part deux personnes identiques, sinon ça se saurait. Prenez des jumeaux, par exemple. Physiquement, bien sûr, ils se ressemblaient beaucoup, voire à la perfection… mais l’âme ? la personnalité ? le caractère ? les goûts ? Tout ça n’était pas du tout identique. De la même manière, en admettant que deux personnes différentes puissent avoir exactement la même personnalité, le même caractère, les mêmes goûts… la même âme, cela ne signifiait pas pour autant que ces deux personnes allaient avoir la même apparence physique. Sans parler du style vestimentaire et compagnie.
    Alors, oui, Rafael et son frère aîné se ressemblaient physiquement. Même si Juan était plus vieux et que cela se voyait. Mais il suffisait d’y regarder de plus près pour remarquer qu’ils ne se vêtaient pas de la même manière, qu’ils n’aimaient pas les mêmes choses et qu’ils ne parlaient pas de la même manière. Là où Juan employait une façon quasiment maniérée de s’exprimer, Rafael préférait la franchise et le mot juste.

    Calderón Guerra aurait pu se vexer. C’était une évidence. Mais il resta suffisamment calme pour écouter les excuses de la dame. Il n’apprenait rien de ces paroles, mais elle avait fait la démarche de s’excuser et ça faisait déjà beaucoup. Elle n’était pas la première à confondre les deux frères, mais c’était l’une des premières fois que c’était à Rafael qu’étaient adressées les excuses. Comme si, d’ordinaire, il était plus vexant que ce soit Juan qui passe pour lui plutôt que l’inverse.


    "Ne vous en faites pas pour ça."

    Pas besoin d’en dire plus. Et à quoi bon, d’ailleurs ? Cela n’aurait servi à rien et il ne fallait pas non plus étaler les affaires de famille devant les autres. Surtout devant des personnes que Raf ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam mais qui semblaient connaître son frère aîné.
    Calderón Guerra n’était pas non plus du genre très loquace. Il ne parlait que lorsque c’était nécessaire, voire indispensable. Il ne disait que rarement ce qu’il pensait, car on lui avait appris à fermer sa gueule dès son plus jeune âge. Merci le grand frère d’avoir fait de lui un véritable asocial incapable d’exprimer les choses les plus essentielles.

    Ce qui était assez inhabituel, aussi, dans tout cela, c’était que cette femme le regardait dans les yeux, sans baisser le regard. Carmen faisait cela tout le temps, mais à part elle, rares étaient ceux qui se risquaient à l’exercice. En effet, selon l’humeur de l’homme, il pouvait arriver qu’il interprète un simple regard comme un manque de respect. Et dans ce cas-là, il agissait et sévissait. A sa manière, sans laisser de trace, mais la personne ne recommençait plus jamais.
    Il ne baissa pas le regard non plus. Qui était-elle, cette femme, pour venir ici et parler de Juan ? Était-ce un contact pour une vente importante ? Était-elle l’intermédiaire entre le cartel et des clients potentiels ? Rafael n’en savait rien. Son frère avait tellement tendance à vouloir toujours tout contrôler qu’il avait très certainement fomenté quelque chose dans son coin, sans en parler à personne du groupe familial, sauf peut-être à María.

    La dame buvait son cocktail. Elle le savourait, peut-être. Difficile à dire. Mais il fut facile de repérer qu’elle avait ici un cocktail plus fort que ce qu’elle buvait habituellement. Soit elle ne buvait pas souvent, soit Rafael avait eu la main un peu lourde.
    Et voilà que cette femme lui parlait des cocktails. Elle lui tendait le shooter vide pour qu’il lui prépare le cocktail Doux Orgasme. Mais l’homme posa le verre dans l’évier.


    "Je n’ai jamais compris pourquoi il existe cette distinction. Il existe bien des hommes qui portent des robes – des prêtres chrétiens, des musulmans… –, pourquoi les femmes ne pourraient-elles pas boire du bourbon ?" Cette vision assez dichotomique ne plaisait pas trop au quadragénaire. Les États-Unis étaient tellement perçus comme l’endroit de toutes les libertés et de toutes les égalités… c’en était assez inattendu que de telles séparations puissent encore exister.
    Calderón Guerra prit un grand verre, en forme de flûte comme celles qu’on utilisait pour servir du champagne, et un shaker.
    "Rafael. Et vous ?"

    La préparation du cocktail était plus facile que celle du cocktail Orgasme : il suffisait de mettre tous les ingrédients dans le shaker, à l’exception du dernier, puis de secouer pendant près de trois minutes avant de verser dans le verre tulipe. Rafael versa donc le rhum blanc, la vodka, le Malibu, la tequila et les trois jus de fruits dans le shaker, puis entreprit de secouer le tout. "Vous allez voir que le Doux Orgasme porte bien son nom…"

    Calderón Guerra versa un peu du sirop de grenadine au fond du verre tulipe, puis, en versant sur le dos d’une cuillère argentée, il ajouta le mélange d’alcools et de jus, de sorte que la couleur rouge puisse demeurer au fond du verre et le mélange orangé rester en surface… Rafael avait pour habitude d’ajouter quelques petits ingrédients personnels, à commencer par un petit jus d’agrumes pressés à la main, et un zeste de citron vert sur le côté du verre. Avec cela, le cocktail se présentait comme un dégradé allant du rouge vers le jaune, avec une petite touche de vert par-dessus.

    L’homme se contenta de se servir une bière fruitée, du genre de celles que Juan qualifiait de « bière de femme », et il tendit le cocktail à cette dame.


    "A savourer avec les cinq sens, de préférence."


©Richard Seiryu / It's Snow in hell


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MessageSujet: Re: Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out   Dim 18 Aoû - 10:32




Rafael & Lisbeth
I

l était impoli de regarder trop longtemps une personne dans les yeux, encore plus quand c'est une femme qui soutient le regard. On avait beau m'avoir enseigné cela, je trouvais que soutenir le regard d'un homme c'était pour lui montrer d'une certaine façon que je n'avais pas peur de lui, que j'étais aussi crédible que lui. On avait beau dire que la barrière de la discrimination homme femme n'existait plus, elle était toujours d'actualité. Par exemple il était mal vu qu'une femme boive de l'alcool trop fort à la différence d'un homme, ou si une femme portait un tailleur avec un pantalon c'était pour être considéré comme un homme. Les hommes ne se rendaient pas compte à quel point nous devions opérer des changements pour être un tant soit peu prise au sérieux. Tout ce qu'ils voyaient c'était une femme qui tentait de leur ressembler tant par l'apparence que par le comportement et ça leur faisait peur, un peu comme Tatcher qui avait été surnommé La dame de fer par les russes pour laisser mourir les miniers irlandais qui faisaient grève à cause de leur condition de travail.

Tout simplement parce qu'une femme qui boit de l'alcool trop fort ce n'est pas beau, elle passe pour une alcoolique alors que pour un homme c'est presque naturel. Prenez par exemple lorsque des contrats sont signés entre des hommes d'affaires il y a toujours de l'alcool qui coule à flot, mon grand-père était commercial il allait régulièrement en Russie pour les affaires et à chaque contrat il était ivre... Mon mari refusait que je boive autre chose que du vin, il aurait été mauvais pour sa réputation que sa femme boive autre chose.

J'avais arrêté de boire trop depuis mes années étudiantes, à mon premier mariage en fait, je voulais tellement que les choses soient parfaites que j'avais décidés d'être la femme parfaite, irréprochable. Malheureusement celle que j'étais devenu n'était pas du goût de mon premier époux. Mais depuis j'avais essayé d'être celle qu'on avait envie de voir quitte à laisser de côté beaucoup de chose. Avant je pouvais boire par exemple quatre verres de Orgasme corsé sans le moindre problème, là si j'en buvais deux je serais prête à danser sur les tables.

Lisbeth.

Rafael était un beau prénom, il rappelait l'excellent peintre italien de la Renaissance Raffaello Sanzio ou Raphaël comme on disait plus souvent. J'avais le don de voir des références dans les prénoms dont les gens ne faisaient pas attention, je doutais fort que c'est parents l'aient appelé ainsi à cause du peintre. Je lui offris un sourire plus timide et lâcha son regard pour observer ses mains accomplir le cocktail. Il avait de grandes mains mais il avait des mouvements très minutieux, il faisait attention, découpant le zeste de citron vert comme si c'était un objet précieux qu'il fallait manipuler avec précaution. On était bien souvent surpris par les gens.

Je vous crois sur parole. Vous êtes en tout cas un artiste Rafael.

Il portait bien son prénom, il avait une façon de mélanger les couleurs des plusieurs ingrédients mais de laisser la grenadine bien au fond du verre pour qu'elle reste inchangée. J'admirais l'harmonie des couleurs, un vrai plaisir pour les yeux et je n'avais pas envie de boire de peur de déranger ce petit univers. Et pourtant ça avait l'air tellement appétissant que je pris le verre et en bus une gorgée. C'était moins fort, il avait raison sur ce point et j'étais plus que ravie de le découvrir. J'allais le faire plus durer que l'autre, reposais le verre sur le comptoir.

Vous êtes gérant de ce restaurant ? Il y a du monde vous devez être content.

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MessageSujet: Re: Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out   Ven 13 Déc - 13:18



Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out
Rafael Calderón Guerra
& Lisbeth M. Spacey





    Certaines personnes prennent mal le fait que quelqu’un les regarde avec insistance. Rafael n’était de cet avis que lorsqu’il sentait une émotion négative dans le regard de l’autre. Ce n’était pas le cas ici : cette femme avait dans les yeux quelque chose qui n’avait rien d’agressif ou de menaçant. Tout au plus y avait-il comme une lueur de tristesse ou un autre sentiment similaire.
    Calderón Guerra ne faisait pas partie de ces gens qui croyaient en l’infériorité du sexe féminin. Certes, la gent féminine était parfois surnommée « le sexe faible », mais ce n’était rien d’autre qu’un préjugé de plus, une idée toute faite basée sur des conceptions sexistes d’un tout autre temps. Pour lui, l’égalité était bien plus porteuse de sens que tout cela. D’ailleurs, lorsqu’il accomplissait pour le cartel une petite tâche de « nettoyage par le vide », il se fichait pas mal que la personne à abattre fût un homme ou une femme.
    Et la femme de préciser les traditions et habitudes sexistes de la société. Elle évoqua la question de l’alcool, parlant de son ancêtre et de son mari.


    "Comme vous dites, ce n’est qu’une question de réputation, donc du regard et de l’interprétation des autres…" Le regard des autres… ce n’était jamais facile à affronter. Lui-même avait toujours prêté et prêtait toujours beaucoup d’attention à ce que ses sœurs pensaient de lui. Surtout Carmen. Mais il avait appris à ne pas faire attention à ce que d’autres pouvaient dire et penser. "Vous voyez, je suis d’avis que c’est le regard que l’on porte sur soi-même qui importe le plus. Tant que l’on est présent à soi, en accord avec soi et, si possible, en harmonie avec soi, le reste importe bien peu."

    Ce n’était pas les autres qui faisaient qu’on était une bonne ou une moins bonne personne. Cela ne dépendait que de soi. Et des situations, peut-être aussi. Fallait-il se plier à une règle qu’imposaient d’autres personnes ? Pas aux yeux de Rafael. Sauf si la règle était en accord avec les valeurs auxquelles il croyait.

    À présent, cette femme se présentait. Lisbeth… Était-ce son prénom entier ou était-ce un diminutif pour un prénom plus long, comme « Elisabeth » ? L’homme ne se sentait pas autorisé à poser la question, malgré le sourire qu’elle lui avait adressé. Il répondit à ce sourire tout en terminant de préparer le cocktail.


    "Un artiste ?" Rafael arqua un sourcil. L’art… c’était un domaine qu’il appréciait beaucoup. Il s’était souvent dit que s’il avait dû naître dans une autre famille, il aurait certainement opté pour une profession liée à l’art. Mais la vie en avait décidé autrement. "C’est drôle que vous disiez cela… Quand j’étais petit, je voulais être peintre, dessinateur ou écrivain, travailler dans des domaines où j’aurais pu dépasser mon frère…"

    Cela aurait été une toute autre vie… Peut-être pas le succès, car ça, c’était vraiment dérisoire, mais une vie axée sur un objectif d’épanouissement personnel plutôt que sur le cartel et les affaires familiales… En attendant, le restaurant, c’était un peu le domaine dans lequel Calderón Guerra pouvait laisser libre cours à son imagination et à sa créativité. Nul besoin de le préciser, il s’en donnait à cœur joie. Pas pour l’argent que cela pouvait rapporter. Pas non plus pour que les « affaires familiales » soient couvertes efficacement par une devanture de restaurant… Non, tout cela était secondaire.

    "On peut dire ça… mais pour être tout à fait honnête, ce qui m’intéresse, c’est de cuisiner et d’inventer des plats qui marient des saveurs surprenantes… Je préfère cuisiner pour deux ou trois personnes et être libre de faire ce que j’aime plutôt que de devoir absolument répondre à une forte demande qui est terriblement banale."

    Faire rentrer de l’argent n’était pas nécessaire. Et si cela n’avait tenu qu’à lui, il y avait longtemps que Rafael aurait instauré un système différent.

    "Mais vous, dites-moi, qu’est-ce qui vous passionne dans la vie ? A part mon frère, je veux dire…"

    Juan était un coureur de jupons. Si Lisbeth le connaissait au point de penser – ou d’espérer ? – le trouver ici, il y avait sans doute anguille sous roche. Comme elle avait parlé de son mari au passé, ce dernier ne devait plus faire partie de sa vie quotidienne : soit parce qu’ils avaient divorcé, soit qu’ils s’étaient séparés d’une manière ou d’une autre, soit parce qu’elle avait, tout simplement, décidé de passer à autre chose. À la connaissance de Rafael, pour aider une femme à « passer à autre chose », Juan était sûrement compétent.



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MessageSujet: Re: Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out   Sam 28 Déc - 11:16




Rafael & Lisbeth
L

e regard des autres avaient toujours eu sur moi une grande importance. Depuis mon enfance, on m'avait dit ce qu'il fallait faire pour plaire aux yeux des autres, pour rester dans la « norme » et ne rien faire qui puisse déranger. Quand on venait de mon milieux, on comprenait vite qu'il fallait rester dans les rangs et ne pas chercher à être original ou reconnaissable autrement que par ses tenues vestimentaires. Et encore ! Là aussi il fallait respecter des codes indiqués, ancrés depuis des lustres dans nos esprits. Les femmes étaient habillés ainsi, les hommes autrement et suivant les événements de la journée on devait s'adapter pour être toujours au top. Et éviter de porter le pull tricoté par grand-mère même s'il est très confortable, on choisira plutôt une robe Chanel avec des talons Prada qui font mal aux pieds une fois qu'on les enlève. On avait beau se dire qu'on ne faisait jamais attention aux regards des autres il étaient tout de même important pour nous, suivant les circonstances de notre vie et instinctivement on avait tendance à faire comme les autres. Prenez comment était vêtu Rafael, une chemise, un pantalon et une veste simples, ses vêtements n'étaient peut-être pas aussi coûteux que ceux de Juan mais il avait fait un effort pour ne pas non plus s'habiller avec une veste qui datait de l'ère préhistorique. Il avait fait un effort pour être présentable et même s'il passait beaucoup de temps en cuisine, vu qu'il disait aimer cuisiner, il ne s'habillait pas non plus en jean et pull over tricoté par maman.

Tout dépend après du milieu où vous vivez. Le regard des autres vous conduit toujours à faire des choix ne serait-ce que par votre style vestimentaire. On ne cherche pas forcement à plaire mais on essaye aussi de se fondre dans la masse, ne pas paraître trop original. On a beau dire, le jugement des autres, le regard qu'ils ont sur nous a forcement une incidence sur notre vie.

Le regard des autres ne devaient pas non plus trop influé sur notre vie, sinon le jour où l'on perd ces personnes ont se sent abandonné, on a plus rien et on est perdu. Il fallait donc partir à la quête de notre identité, chose très difficile à mettre en pratique. Enfant on se réfère à nos parents, nos frères et sœurs, les camarades à l'école, en grandissant on essaye d'être différent, que l'on nous aime pour ce qu'on et pas ce que les autres veulent que l'on soit. Une fois que l'on entre dans la vie active on essaye de cacher cette partie différente pour se fondre dans la masse, ne pas faire trop de vague parce qu'on a toujours, plus ou moins peur, qu'une personne nous tombe sur le dos pour nous rappeler les erreurs que l'on a pu faire dans le passé ou ce qu'on fait en dehors du travail qui pourrait nous nuire ou justement changer le regard de personne influentes sur notre vie professionnelle. Il fallait trouver un juste milieu en fin de compte entre la différence et l'originalité.

Je prenais une nouvelle gorgée de mon cocktail, je sentais qu'il faudrait que j'aille manger quelque chose après, ce n'est pas bon de boire le ventre vide. Je lui avais dit que c'était un artiste, de mon point de vue en tout cas. Il avait l'art et la manière de mélanger les couleurs, les arômes pour donner au final un bon mariage entre toutes ses saveurs. La cuisine faisait partie des arts au même titre que le cinéma, la littérature, la peinture, la sculpture et bien d'autre. Ce n'était pas n'importe qui qui pouvait s'improviser chef cuisinier ou cuisinier tout court chez lui. Je me faisais d'ailleurs l'étrange réflexion que pour un cuisinier il n'était pas si gros, d'ordinaire les chef restaurateurs ont toujours du ventre, et d'après ce que je pouvais voir il savait tenir sa ligne pour être comme il fallait.

Vous dépassez votre frère, physiquement vous vous ressemblez beaucoup mais mentalement non. Personnellement je l'imagine très mal aux fourneaux à faire autre chose qu'une omelette.

Il avait parlé un peu plus tôt du regard des autres, mais apparemment son frère avait une grande importance sur lui puisqu'il voulait le dépasser. Juan devait être l'aîné de la famille et on devait assurément dire que Juan était mieux, faisait ci ou ça de bien, la compétition était très forte entre les deux frères. C'était triste de constater cela, au lieu d'être solidaire, de s'aimer, ils allaient se faire la guerre et le jour où l'un d'eux aura un problème il n'y aura personne pour l'aider.

Si il pensait comme ça c'est parce qu'il avait les moyens, beaucoup de restaurateur gardait cette idée du rendement en esprit pour avoir une situation financière confortable, pour être reconnu dans le monde de la gastronomie. Si il avait un loyer à payé, des factures, un découvert, des gosses à nourrir, une femme à entretenir il ne penserait certainement pas comme ça. À en juger par le fait qu'il ne portait pas d'alliance on pouvait deviner aisément que la vie de couple n'était pas encore au programme. Je levais un sourcil lorsqu'il me dit que son frère faisait partie de mes passions, d'après la réputation de Juan il collectionnait les aventures.

Je ne fais pas partie du tableau de chasse de votre frère. Je suis avocate comme lui et nous nous sommes rencontrés uniquement dans le cadre professionnel. Ce qui me passionne c'est la musique, la littérature et mon métier bien sur.

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MessageSujet: Re: Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out   Sam 28 Déc - 11:42



Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out
Rafael Calderón Guerra
& Lisbeth M. Spacey




    Au fond, tout n’était qu’une question d’éducation. Chaque être humain reproduisait le schéma de ce qu’on lui avait enseigné quand il était gosse. Il n’était nullement nécessaire de préciser que Rafael n’avait certainement pas été élevé comme cette jeune femme qui lui faisait face. Les règles de son enfance, c’était faire passer la famille avant tout. Ensuite, il y avait l’honneur. Et enfin, dernière règle mais non la moindre, le respect des anciens. Le reste n’avait pas vraiment d’importance.
    La question vestimentaire, tout aussi nécessaire que peu importante, ne relevait pas de ces règles de base. Dans la famille, on s’habillait comme on le voulait. Le fait était que porter un pantalon bleu pétrole avec une chemise hawaïenne n’était pas conseillé quand on faisait des allers et retours entre la cuisine et la salle. Mais quand il restait toujours en cuisine, Rafael se fichait pas mal de la manière dont il s’habillait.
    Lisbeth évoqua le milieu des personnes, puis le regard des autres, à nouveau, pour finir par aboutir à une conclusion qui était sans doute valable pour elle-même. Dans son cas à lui, Calderón Guerra avait toujours fait en sorte que le regard des autres ne le dérange pas. C’était son regard à lui qui importait. C’était comme cela qu’il avait dû se débarrasser de quelques hommes gênants qui avaient osé regarder de travers au moins une des sœurs Calderón Guerra. Il ne rigolait pas avec le respect dû à la famille.


    "Nous n’avons certainement pas reçu les mêmes préceptes… Ce que vous me dites me rappelle le collège bien plus que toute autre période de ma vie…"

    Le collège… une sacrée période. Il avait fallu porter l’uniforme, se comporter comme un pantin, obéir à des imbéciles… mais Rafael était passé au travers de cela, comme la plupart des gens ayant étudié en école privée. Il avait passé des années à jouer le rôle d’un jeune homme normal, avec des préoccupations normales, alors qu’il avait déjà tué. Il avait suffi de ne pas faire de vagues, de laisser le temps se passer et de travailler pour s’occuper. Après cela, le diplôme, les études… C’était dans la logique des choses.
    Elle buvait lentement le cocktail qu’il lui avait préparé. Ce n’était pas un cocktail fort, mais la jeune femme avait déjà les joues un peu rosées par l’alcool.
    Elle lui était sympathique, allez savoir pourquoi… peut-être parce qu’une femme seule qui venait ici et qui discutait avec lui comme les gens normaux le faisaient… C’était agréable. Ce le fut plus encore lorsqu’elle lui fit ce compliment : « Vous dépassez votre frère »… Elle ne pouvait imaginer à quel point c’était bon d’entendre cela…


    "Si vous pensez réellement ce que vous dites, vous méritez que je vous invite à ma table."

    Il lui prouverait qu’elle ne se trompait pas, il lui prouverait qu’il était bien plus qu’un simple cuisinier. Il lui confirmerait ce qu’elle avait dit au sujet de l’art culinaire.
    Le sourire qui était venu éclairer le visage de l’homme sembla s’accompagner d’une lueur dans son regard lorsque Lisbeth précisa qu’elle ne faisait pas partie des conquêtes de Juan. Elle était, certes, comme lui avocate, mais elle avait le goût des arts et des belles choses. Cela changeait tout.


    "Mon grand-père disait toujours que se passionner pour sa profession, c’était ce qu’on appelle la vocation… Vous êtes sans doute bien plus passionnée que mon frère… Il ne s’intéresse pas beaucoup à la littérature et à la musique. Sa seule passion, c’est son boulot. C’est triste de vivre comme cela, non ?"

    Il n’y avait pas de raison de ne pas parler de Juan. Rafael le faisait en tant que frère, sans émettre autre chose qu’un avis étayé. Alors que Juan était du genre à ne pas prendre de vacances, Rafael était toujours d’accord pour passer quelques jours à vivre à l’épicurienne, en grattant une guitare, en sirotant un bon vin et en ne faisant que des choses qu’il aimait.

    "Vous êtes musicienne, Lisbeth ?"


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MessageSujet: Re: Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out   Sam 28 Déc - 17:00




Rafael & Lisbeth
L

e collège. Je parlais rarement avec des gens qui n'étaient pas de mon milieu, n'avaient pas eu le même genre d'éducation que moi. Les écoles privées, les voyages à l'étranger, le champagne coulant à flot. Le champagne ne coulait pas tout le temps, mais ma vie avait ressemblé à cette série américaine qui passait à la télévision sur des jeunes dont la vie était toute rose, Gossip Girl, il me semble que c'était le nom de la série. Ça représentait bien en tout cas l'adolescence que j'avais eu, je devais être une sacré garce aussi, un peu comme la brune, je connaissais ma valeur et je n'avais jamais laissé personne me dire ce que j'avais à faire. Mais je devais bien avouer que je me laissais influencer au niveau vestimentaire, on m'avait rarement vu avec quelque chose d'extravagant. Ou alors uniquement en soirée, il m'arrivait parfois de mettre des robes avec des décolletés plongeants, uniquement avec mon deuxième époux, feu Henry préférait que je fasse comme tout le monde pour que personne ne puisse dire du mal sur ma conduite. Le seul écart que je me permettais c'était de coucher avec beaucoup d'homme puissant.

Le collège ... Ça remonte tellement loin. Vous vous pliez aux règles lorsque vous commencez à naviguer dans la sphère publique, on se doit de faire comme tout le monde. Vous ne verrez jamais votre frère par exemple plaider en chemise hawaïenne et jeans ou voir le président des Etats-Unis en réunion tardive le soir en pyjama et bonnet de nuit à pompon. Il n'y a que les gens comme … Vous qui pouvez vous permettre d'être originaux, au fond que vous soyez en costume cravate ou en jeans et polo dans votre cuisine personne ne viendra vous dire que c'est mal.

Excepté quant il venait en salle, il valait mieux pour lui qu'il soit habillé proprement et de façon à ce qu'on le prenne au sérieux. Je prenais tout mon temps pour boire ce cocktail, l'alcool commençait à faire son effet et je me sentais quelque peu mal à l'aise. Je laissais mon regard s'égarer dans la salle. L'ambiance était un peu différente des restaurants que je fréquentais pour la plupart, mais je me sentais bien ici, c'était chaleureux, convivial tout en étant distingué. Le mot n'était peut-être pas bien choisi mais je trouvais qu'il ne faisait pas « commun des mortels » si on pouvait dire les choses ainsi. Mon regard se reposa sur Rafael qui proposa de m'inviter à sa table, je lui offris mon plus beau sourire.

Je pense chaque mot que je prononce et ça tombe bien parce que j'ai très faim.

Je posais le verre vide sur le comptoir. En essayant de ne pas dévoiler le haut de mes cuisses en descendant du tabouret, je gardais mon bras collé à mon corps pour que la cicatrice ne tire pas ma peau. Je choisissais une table, au hasard dans une espèce d'alcôve où nous pourrions être tranquille à l'abri des regards. Je m'asseyais à la table et attendis que mon partenaire en fasse autant. Il semblait heureux ce soir, il avait un très beau sourire et un regard qui vous déshabillait d'un seul coup d’œil.

Vraiment ? Pourtant il a une autre passion et vous avez penser que je la partageais … Vous savez mon défunt époux ne vivait aussi que pour son métier. Il faisait partie du congrès et ces seules conversations tournaient autour de la politique, la bourse et l'état économique du monde et ses répercussions sur notre politique. C'est triste en effet parce qu'on ne peut avoir d'autres conversations et si on est pas comme eux on peut difficilement se comprendre. Juan aime son métier, mais il y a quelque chose chez lui … De différent.

Différent était le mot. Il était irréprochable, parfait, un peu trop d'ailleurs ! Personne ne le voyait bien sur, les femmes étaient conquises par cet homme au regard ténébreux, aux paroles mielleuses et les hommes par son intelligence, son éloquence. Je ne pourrais pas parier sur des spéculations, peut-être qu'il souhaitait juste être à la hauteur des autres, il aimait trop son métier et travaillait d'arrache pied pour être sur le même pied d'égalité un peu comme ce que nous devions faire les femmes pour être prises au sérieux. Rafael n'était pas comme son frère, il ne cherchait pas la perfection, ressembler à tout le monde et marcher comme un mouton dans la foule. En ça il était … Intéressant et terriblement attirant.

Oui je joue du piano depuis mon enfance et vous, Rafael ?

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MessageSujet: Re: Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out   Mer 1 Jan - 12:36



Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out
Rafael Calderón Guerra
& Lisbeth M. Spacey




    L’enfance et l’adolescence sont des périodes déterminantes pour l’avenir d’une personne. Selon l’éducation reçue, on développait telle ou telle qualité et on accordait plus ou moins d’importance à telle ou telle valeur.
    Les valeurs étaient certainement quelque chose qui était primordial pour Rafael. Et la première valeur qui dirigeait sa vie était la famille. Après cela, en vrac et sans ordre d’importance, venaient les valeurs d’honneur, de fidélité, de loyauté… Au fond, s’il était né dans un autre contexte, l’homme aurait pu être un type bien, au vu de ce qui lui semblait vraiment important dans la vie. Mais une seule personne au monde connaissait véritablement Rafael et pouvait dire si c’était ou non quelqu’un de bien. Il s’agissait de Carmen, bien sûr, la seule et unique.

    Il avait parlé de l’époque du collège et Lisbeth avait embrayé, évoquant la sphère publique et d’autres impondérables. L’homme tiqua légèrement lorsqu’elle prononça la phrase « Il n’y a que les gens comme vous qui pouvez vous permettre d’être originaux. »
    Il ne savait pas trop comment il devait prendre cela. Était-il un original ? Était-ce mal d’être original ? Où était le mal à vouloir être et paraître soi-même ?


    "Et donc les gens « comme moi » peuvent ne pas vouloir verser dans le conformisme à tout prix, ou cela pose-t-il problème aux gens « comme vous » ? "

    Le quadragénaire n’était pas très subtil dans sa manière de dire les choses… Il était plus qu’évident qu’il n’avait pas apprécié l’appellation utilisée par son interlocutrice, mais il était évident aussi qu’il cherchait à mieux comprendre pour ne pas commettre d’erreur à cause d’un bête malentendu.
    Calderón Guerra avait un énorme problème avec les propos qui semblaient être des jugements. Il ne les supportait pas, tout simplement parce qu’il avait eu à subir quelquefois des propos xénophobes lorsqu’il était plus jeune. Certes, la famille était installée à New York depuis des années, certes, Rafael, son frère et ses sœurs étaient nés ici… mais ça n’empêchait pas certaines personnes de les voir comme un ramassis d’immigrés colombiens venus ôter le pain de la bouche des bons citoyens américains.
    Alors, oui, il n’était sûrement pas du même milieu social que la femme avec qui il discutait, mais Rafael avait toujours été d’avis que l’origine sociale, comme la couleur de peau ou la religion ne devaient pas être des freins aux relations.

    L’homme se voulait accueillant, aussi avait-il invité son interlocutrice à sa table, comme s’il s’agissait d’un grand honneur… En réalité, c’était une façon de parler, car habituellement, il mangeait sur le pouce, sans prendre le temps de s’asseoir. Il répondit au sourire de cette dame qui venait d’accepter son offre.


    "Par contre, les plats qui seront servis auront été cuisinés par quelqu’un d’autre. Je ne peux pas vous abandonner à table pour cuisiner."

    Ou alors, il faudrait que Lisbeth vienne en cuisine, mais ça n’était pas très hygiénique de faire entrer des clients dans les cuisines, tout comme ce n’était pas dans les habitudes de Rafael de révéler ses petits secrets de chef à des personnes qui ne faisaient pas partie du personnel.

    Elle avait choisi une petite table ronde, intimiste et calme. Ce qui laissait penser que Lisbeth appréciait converser avec Rafael. C’était plutôt flatteur, alors il souriait sincèrement. Parce que lui aussi trouvait agréable cette situation.

    Lisbeth parla alors de Juan, donnant son point de vue… et rappelant à Raf qu’il avait été assez grossier pour penser que cette dame avait partagé la couche de son frère. Il se sentit un peu bête sur le moment, mais il avait tellement l’habitude que les femmes parlant de Juan finissent par mettre sur le tapis ses exploits sexuels que Rafael avait pensé avoir droit, encore une fois, à ce genre de récit. Dieu merci, ce n’était pas le cas et c’était sans doute pour cela aussi que Rafael avait invité Lisbeth.
    Elle parla aussi de son défunt mari. Un homme apparemment absorbé par son métier au point de ne pouvoir parler que de cela. Rafael nota aussi que feu le mari de son interlocutrice était un homme important, qui avait fait partie du Congrès.


    "Différent ? Mais vous n’avez pas grandi avec lui… Juan est un excellent professionnel, mais comme grand frère, il existe bien mieux."

    Ce n’était pas de la haine que Rafael éprouvait pour son frère, il appréciait certaines choses chez Juan… mais il avait beaucoup de rancœur par rapport à la manière dont ce frère aîné l’avait toujours considéré et le considérait toujours.

    "Je joue un peu de guitare… mais je ne suis pas très doué."



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MessageSujet: Re: Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out   Jeu 2 Jan - 15:29




Rafael & Lisbeth
O

n m'avait toujours appris à dire la vérité même si elle était blessante. C'était rare que je dise tout haut, ce que je pensais tout bas, d'habitude je contrôlais mes paroles pour ne jamais faire un faux pas, encore un des inconvénients de la sphère publique ou tout le monde joue les hypocrites. J'avais dit "les gens comme vous" j'aurais pu dire aussi "les gens du peuples", ça faisait un peu plus péjoratif et surtout bourgeois coincé. Ce n'était pas particulièrement méchant, il ne fallait pas se vexer mais c'était une façon pour moi de rappeler que nous ne faisions pas partie du même monde.

Excusez moi pour l'expression, je ne voulais pas vous vexer. Je veux juste dire que si vous êtes dans votre cuisine ou chez vous ou encore dans la rue en chemise hawaïenne et jean personne ne vous dira rien, mais à partir du moment où vous êtes en salle, vous devez être habillé de façon impeccable. Être original n'est pas une mauvaise chose, ça a du bon de vouloir se démarquer des autres, simplement quand des gens comme moi, votre frère, dans notre travail on ne peut se permettre d'être différent. On est comme des moutons qui suivent les autres. Vous allez me dire après "oui mais Lady Gaga ou Miley Cyrus cherchent à provoquer en étant différentes". Miley Cyrus n'est pas si original que ça puisque la plupart des jeunes chanteuses cherchent à casser leur image d'idole et se montre presque nue devant les caméras. Mais sont-elles prises au sérieux pour autant ? C'est un autre débat mais mon propos c'est que malheureusement on ne fait pas toujours ce que l'on veut à partir du moment où on est implanté dans un milieu social, c'est plus facile pour certain que pour d'autre.

Je m'embrouillais un peu dans mes idées et je ne voulais pas perdre l'attention de Rafael, aussi j'avais essayé de revenir à mes premiers propos pour rester un minimum cohérente. J'aurais pu parler pendant des heures de l'originalité des gens avec les vêtements, la façon d'être mais aussi l'image qu'ils voulaient nous donner et ce que nous en pensions, en retenons. Je ne voulais pas imposer une conversation, ce serait à Rafael de me dire s'il avait oui ou non envie de poursuivre ce débat, afin de voir si nous avions la même vision du monde. Je le remerciais mentalement de m'avoir invité à dîner avec lui mais aussi de rester avec moi tout le long du repas, j'avais horreur des gens qui passaient plus leur temps à faire des va et vient entre la table et la cuisine. Je lui souriais.

Merci, vous pourrez me conseiller sur les meilleurs plats alors. Si vous ne cuisinez pas j'imagine que c'est vous qui avez choisi les plats qui sont sur la carte ?

Je lui servais de l'eau dans son verre et fit de même avec un des miens. Je portais le verre à ma bouche et laissais l'eau coulée dans ma gorge. Elle était fraîche, ça faisait un bien fou après avoir bu de l'alcool qui vous brûle un peu la gorge et chauffe vos sens. Si je voulais aussi reprendre contenance et garder l'esprit clair il fallait que je boive de l'eau et attende un peu avant de prendre un verre de vin.

Je suis d'accord avec vous, je dis simplement qu'il a quelque chose en plus... Un peu comme vous. Je ne sais pas ce que c'est mais vous avez quelque chose de différent... J'en doute fort, je suis sur que vous vous débrouillez quand même, pas besoin d'être au niveau de Jimi Hendrix pour bien jouer de la guitare.

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MessageSujet: Re: Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out   Mer 8 Jan - 17:01



Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out
Rafael Calderón Guerra & Lisbeth M. Spacey




    Rafael n’était pas du genre à se formaliser. Ce n’était pas dans son caractère. Il comprenait très bien que l’on puisse parfois dire des choses qui ne correspondaient pas exactement à ce que l’on avait en tête… C’était normal, après tout, la pensée humaine est tellement vaste et irrégulière qu’il semble impossible qu’une langue puisse un jour absolument tout traduire ce qu’il se passe là-dedans. Lui-même faisait parfois des bourdes, il le savait bien. Alors, évidemment, il n’avait aucune raison d’en vouloir à Lisbeth pour l’indélicatesse dont elle avait fait preuve dans le choix de ses mots. A présent, elle s’expliquait, en faisant référence à des célébrités que l’homme ne connaissait que de nom. Pour avoir entendu plusieurs fois des chansons de l’une et de l’autre, le quadragénaire avait décidé qu’il détestait ces jeunes femmes excentriques qui passaient plus de temps à exposer leur corps à moitié nu devant des caméras qu’à écrire des paroles porteuses de sens.

    "Est-ce votre manière de me dire que vous n’avez pas la vie que vous auriez aimé avoir ?"

    C’était l’impression qu’avait eue Calderón Guerra en entendant cette logorrhée. Beaucoup de personnes cachent leurs désirs sous des conversations qui semblent axées sur la condition sociale ou sur les autres. Au final, en creusant un peu, on se rendait compte que la personne qui parlait de cela s’incluait dans l’une des sphères dont il était question. "Si j’avais pu choisir ma vie, elle aurait été bien différente. C’est notre lot à tous, je pense. La famille conditionne pour nous un rôle que l’on ne veut pas forcément. Mais qu’on accepte, parce qu’on ne veut pas blesser la famille. J’aurais voyagé beaucoup plus. Je serais allé découvrir des régions inexplorées…"

    Ils s’étaient installés à une table tranquille, face à face, et Rafael avait ainsi vaguement abordé le sujet de sa vie rêvé. Il taisait beaucoup de choses, bien sûr, comme d’habitude, mais il aurait aimé mener une vie d’aventurier, un peu comme Indiana Jones… Il aurait aussi aimé étudier la médecine, apprendre à piloter un avion et plonger au fond de l’océan pour apercevoir, dans son habitat naturel, un requin blanc, vous savez, ces adorables poissons ayant la réputation de bouffer des hommes… c’était l’un des animaux que préférait Rafael.

    "Que diriez-vous d’opter pour un assortiment de tapas de dégustation ? Je demanderai à Jason de préparer cela de façon à ce que vous puissiez goûter aux meilleurs plats que nous proposons…" Et puis, les tapas, dans ces petites assiettes posées sur un plateau tournant, ça avait aussi l’avantage de ne pas être un énorme plat au bout duquel il était difficile d’arriver. Rafael aimait le concept car il lui semblait que cela permettait de goûter à tout sans se ruiner la santé en mangeant trop.

    L’homme prit le verre d’eau que lui avait rempli son interlocutrice, puis, souriant, il la regarda en boire une gorgée avant d’en prendre une lui-même. Honneur aux dames. Et cette dame continua à parler de Juan, disant qu’il était différent, puisque doté de quelque chose en plus. Apparemment, l’invitée de Rafael ne savait pas précisément ce qu’était ce quelque chose en plus, et l’homme posa son verre en la regardant droit dans les yeux.


    "J’espère que si vous arrivez à trouver ce que c’est, ce « quelque chose en plus », vous me le direz… ça m’intrigue…" Il esquissa un petit sourire. "Vous allez trouver ça bête, mais ce que je joue le mieux à la guitare, ce sont des chansons de mon enfance, celles qu’on répétait sans cesse avec mon frère et mes sœurs…" Bien sûr, il connaissait les accords de quelques chansons plus adultes qu’il connaissait, mais il ne se prenait pas au jeu de les jouer en compagnie d’autres personnes que Carmen. Elle était la seule à connaître correctement les goûts de Rafael, alors, c’était normal qu’elle puisse en profiter.

    "Vous désirez quelques amuse-bouches ?"

©Richard Seiryu / It's Snow in hell


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MessageSujet: Re: Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out   Mar 14 Jan - 14:19




Rafael & Lisbeth
M

a vie était parfaite selon moi. J'avais toujours voulu une vie sous les projecteurs, à défaut de ne pas être actrice ou chanteuse. J'avais comme besoin de voir mon visage à la télévision ou dans les magazines d'actualité et paraître dans des soirées mondaines. La majorité des petites filles rêves de ça, de strass et paillettes en étant aussi doué en chant que des chanteuses qu'elles admirent. Rapidement j'avais compris que le chant ne faisait pas partie de mes qualités, il m'avait fallu revoir mes positions et être aux côtés d'un homme qui lui brillait dans la société ainsi je serais vu par tous. C'était superficiel de penser ainsi, un peu arrogant de montrer que l'on est belle, charmante, la plus belle femme de la soirée. Un peu comme le faisait la méchante reine dans Blanche neige qui demandait souvent à son miroir qui était la plus belle femme du royaume, je n'irais pas jusqu'à vouloir tuer une femme qui serait beaucoup plus belle que moi, mais j'estimais être au-dessus de beaucoup de femme en matière de beauté. Pour en revenir à ma vie, il y avait comme dans toutes les vies des petits trucs qui ne me satisfaisaient pas pleinement, des désagréments à la vie en société. Mais maintenant que je n'étais plus soumis aux vœux du mariage j'étais un peu plus libre d'aller là où bon me semblait.

Au contraire je suis satisfaite de ma vie, je ferais exactement pareil si j'avais l'occasion de tout recommencer. Simplement il y a ... Des petits désagréments comme dans n'importe quelle vie. Mais par exemple, les journalistes ne vont pas me lâcher avec la mort tragique de mon époux et ne respect absolument pas le deuil, le besoin de rester seul pour être au calme tout simplement... Vous avez été dans quels pays ? Et vous serez aller où ?

Les journalistes et la vie privée ça n'allait pas ensemble. Il n'y en avait toujours que pour l'article à sensation qu'ils allaient pouvoir faire, l'argent qu'ils allaient tirer des photographies. Ils n'avaient aucun respect pour tout ce qui touchait la vie privée, ils ne respectaient pas le deuil lors de la perte d'une personne, je me souvenais encore des titres dans les journaux lorsque j'avais fait une fausse couche. J'avais du me réfugier chez un ami à New York pour me cacher de tout ce brouha qui ne me lâchait plus une seule seconde. Depuis la mort de Henry c'était pareil, en sortant de l'hôpital j'avais bien vu la horde de journaliste aux portes pour prendre mes impressions sur la fusillade, la mort de mon époux, heureusement que mon ami le secrétaire d'état était venu me chercher pour m'aider dans la difficulté. J'avais encore une fois choisi de m'exiler, loin de chez moi pour ne pas avoir à faire à tout cela avant de prendre mon nouveau poste de directrice du cabinet d'avocat de Washington.

Pour parler de chose plus gaie, Rafael avait fait dévier le sujet en parlant des voyages qu'il aurait aimé accomplir. Il était jeune, il pouvait encore décider de partir à Tokyo si cela lui chantait et il ne devait pas manquer d'argent vu comment son restaurant marchait bien. J'avais beaucoup voyagé dans ma jeunesse pour parfaire mon éducation comme le disait ma mère, apprendre ce qui se passait ailleurs et ne pas simplement regarder le bout de son nez, savoir qu'ailleurs il existait d'autre manière de vivre, d'autre culture. C'était ça qui était bien dans les voyages, le dépaysement, être dans un autre pays que le sien et apprendre la culture, la vie des gens pour s'enrichir soi même.

Un assortiment de tapas me semble une très bonne idée. Vous avez des origines d'Amérique latine ?

La question était un peu inutile, il allait de soit que Rafael descende d'un parent d'un pays d'Amérique du sud, sinon il n'aurait pas choisi d'avoir un restaurant avec des plats de son pays. Mais il était de bon goût pour apprendre à le connaître un petit peu de lui demander d'où il venait, si il trouvait trop indiscret je ne serais pas fâcher qu'il ne me réponde pas. C'était agréable de pouvoir avoir une conversation banale, avec son frère je n'aurais jamais pu en avoir une, nous nous voyons uniquement dans le cadre professionnel et je ne souhaitais pas vraiment de le voir en dehors, il avait ce petit quelque chose qui ne m'inspirait pas totalement confiance, comme s'il jouait à un double jeu.

C'est celle dont on se souvient le mieux. Je suis pareil, les premiers morceaux que j'ai appris sont ceux que je joue le plus souvent. Des amuse-bouches en plus des tapas ça risque de faire un peu lourd, non ?

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MessageSujet: Re: Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out   Dim 26 Jan - 17:33



Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out
Rafael Calderón Guerra & Lisbeth M. Spacey




    Dans la manière qu’avait Lisbeth de présenter les choses, Rafael sentait bien que certains détails lui échappaient. Il n’avait pas l’impression de ne pas comprendre, non, plutôt celle de ne pas avoir en main toutes les cartes nécessaires pour bien saisir le point de vue de son interlocutrice. C’était peut-être aussi juste un point de vue que seules les personnes issues d’un milieu social comme celui de Mrs Spacey pouvaient comprendre… Alors, forcément, même s’il avait des sœurs, qu’il savait très bien comment fonctionnaient les filles et ce dont rêvait chacune d’elles, Rafael n’avait pas été élevé ni programmé dans la même optique. Lui, il avait été éduqué pour être un tueur, un véritable boucher qu’aucune loi n’effrayait… Et sa foi en Dieu, indispensable dans sa culture, avait été dirigée dans le sens qui arrangeait le mieux le cartel. Au fond, tout n’était qu’une bête question d’organisation au sein de chaque famille.

    Qu’aurait-il changé dans sa vie ? Plein de choses… Il aurait sans doute tué son frère, il aurait agi autrement avec ses sœurs… ou peut-être qu’il aurait quitté la famille avant même de devenir ce bourreau qu’on avait fait de lui…


    "Vous devriez vous débarrasser de ces journalistes." Dans la tradition Calderón Guerra, les gens comme ces journalistes s’éliminaient de façon radicale… Peut-être que les gens comme Lisbeth faisaient cela autrement, en demandant une sorte d’injonction d’éloignement ou quelque chose du genre… Ou peut-être qu’ils faisaient appel à des… « gens comme lui ».

    Il fit signe à Jason pour qu’il vienne apporter des amuse-gueules, même si son interlocutrice avait eu quelques craintes concernant la quantité, tandis que son invitée lui demandait quelques précisions sur les voyages qu’il avait faits. En réalité, la plupart des voyages de Rafael étaient liés aux différentes activités du cartel, un peu partout, mais principalement en Amérique centrale et en Amérique du Sud.


    "J’ai surtout voyagé pour affaires, vous savez… J’aurais préféré voyager pour le plaisir. Je suis allé dans les pays où ma famille avait besoin de moi… Colombie, Argentine, Chili. Si j’avais pu, je serais allé visiter des régions plus fraîches et l’Europe."

    Voyages d’affaires… Oui, on pouvait appeler cela comme ça… Dans chacun de ces pays, Rafael avait tué des gens. Pour diverses raisons. Et de façon souvent très brutale. C’était une manière de gérer les affaires de la famille.
    Quand il y repensait, le quadragénaire devait avouer qu’il ressentait pas mal d’excitation. La pensée du sang, l’idée qu’il y avait cette jubilation personnelle lorsqu’il avait pu découper les corps, l’idée machiavélique de cuisiner certains morceaux… Toutes ces idées lui ouvraient l’appétit.
    Alors, lorsque Lisbeth approuva l’idée de l’assortiment de tapas, à vrai dire, l’homme en fut assez satisfait.


    "J’espère que vous avez faim !" Pour les tapas, Rafael avait une carte très variée, comportant des préparations à base de viande rouge comme de viande blanche, de volaille, de poisson et même des préparations végétariennes. Ça n’avait pas été facile de choisir que mettre sur cette carte, mais l’homme était assez content de lui.

    "Le berceau de la famille est à Bogotá, en Colombie… Mais ma fratrie et moi sommes tous nés à New York."

    Il n’avait pas besoin de donner trop de détails, il n’avait pas non plus besoin de reparler de son frère. Il était seul avec cette femme et, pour une fois, Juan n’avait rien à dire, même s’il connaissait cette femme.

    Rafael n’était pas comme son frère. Il se targuait de ne pas l’être, en faisait sa propre fierté. Il réussissait à s’affranchir de le poigne de cette andouille. Il n’avait pas besoin de lui.
    Et c’était agréable d’être là, à discuter normalement.


    "La musique, ça s’ancre très vite dans la mémoire. Et ça y reste très longtemps."

©Richard Seiryu / It's Snow in hell


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MessageSujet: Re: Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out   Dim 2 Fév - 18:58




Rafael & Lisbeth
J

e levais un sourcil en l'air. Il n'avait pas l'air de comprendre qu'il était très difficile de se débarrasser de journaliste, que l'on soit un citoyen lambda ou une personne importante. Pourquoi croyez-vous que les Daft Punk portaient des casques de moto ? Ce n'était pas uniquement pour faire de la publicité et cultiver un mystère autour de leur identité, mais c'était en grande partie pour être tranquille. Pour pouvoir se promener dans la rue sans qu'une ruée de fan ou de paparazzi soient à vos trousses. La popularité avait ses défauts et ses qualités, il fallait s’accommoder de ça et tenter de mener une vie à peu près normale, mais parfois j'aspirais à une vie normale, où je n'aurais pas à me soucier à me trouver dans le dernier magasine de potin en train de pleurer mon mari ou de sortir de l'hôpital.

Facile à dire, difficile à faire. Une fois qu'ils ont quelque chose à se mettre sous la dent ils ne vous lâchent plus d'une semelle. Mais sachez que si je suis à New York c'est bien pour les éviter, le temps que les choses se tassent.

Je l'écoutais me parler des pays qu'il avait visité pour affaire. Ce devait être un homme très occupé et sa famille avait une grande importance pour lui, puisqu'il semblait se déplacer dès qu'ils avaient besoin de lui. J'avais un peu de mal à comprendre cet esprit du fils toujours prêt à rendre service à ses parents ou ses autres proches. Encore une chose qu'on avait omis de m'apprendre dans mon éducation, chez moi l'ambition et la réussite étaient beaucoup plus importantes que la famille. Il avait donc été en Amérique latine principalement, mais jamais ailleurs. Il devait en effet être très occupé par son restaurant et trouver peu de moment pour aller dans d'autres régions du monde pour prendre un peu de repos. L'Europe était le continent qu'il aimerait voir, il n'avait pas tort, pour avoir visité plusieurs pays du vieux continent je ne pouvais qu'approuver son choix et les régions plus fraîches sous entendait certainement les pays nordiques, la Suède était un très beau pays.

Je peux vous recommander la Suède, c'est un très beau pays, il fait un peu froid en hiver certes mais ça vaut le coup. Personnellement je ne me lasse pas de l'Italie, c'est beau, on y mange bien, et c'est le pays de l'art. Vous devriez aimer l'Italie !

Les tapas arrivaient sur la table. Je regardais un peu tout ce qu'il y avait sur le plateau tournant, la profusion était au rendez-vous. Entre tout ce qui semblait à base de poisson, viande rouge et blanche, volaille je ne savais que choisir et eus envie de goûter à tous les plats. Je voulais garder un peu de mon appétit pour la suite du repas qui s'annonçait prometteur, au lieu de passer ma soirée seule à ronger mon chagrin j'avais trouver en Rafael Calderon Guerra un compagnon de soirée agréable. Je buvais une nouvelle gorgée d'eau et pris dans ma main une tapas au hasard qui semblait être à base de viande rouge mais je ne pourrais jurer de rien. Je croquais dedans, en essayant de ne pas en mettre partout et fus agréablement surprise c'était du poulet. C'était délicieux !

C'est bizarre parce que vous semblez être très proche de votre famille et pourtant vous ne semblez pas apprécier plus que ça votre frère. On dit qu'il y a une rivalité entre les frères qui s'estompe certainement avec le temps mais elle semble encore très présente chez vous... La musique oui bien sur, mais je dirais que c'est aussi pareil pour le cinéma. Personnellement je me souviens encore du premier film que j'ai vu au cinéma.

code by Mandy



HJ : excuse moi pour la qualité qui laisse à désirer mais je souhaitais ne pas te faire attendre trop longtemps
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MessageSujet: Re: Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out   

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Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out

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