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 Every me and every you [Rafael & Sergueï]

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Invité
MessageSujet: Every me and every you [Rafael & Sergueï]   Mer 31 Juil - 14:27



Every me and every you
Rafael Calderón Guerra
& Sergueï Vronsky





    L'eau était un des quatre éléments que préférait Rafael, avec le feu. Deux opposés, pourtant. C’était comme tout, dans la vie. Il était difficile de se contenter de justes milieux, tant l’existence regorgeait de contraires terriblement fascinants. Avez-vous déjà regardé un corps se consumer au milieu des flammes ? Le simple bruit des crépitements est tout simplement admirable. Maintenant, regardez un corps couler lentement dans une vaste étendue d’eau… le silence de l’engloutissement est terriblement prenant, cette fois. Et si vous avez l’occasion de visionner une vidéo de la scène au ralenti, vous allez pouvoir comprendre toute la poésie de cet instant.
    Les éléments naturels entourant l’être humain sont autant de sources de poésie, dans l’existence. Il ne faut peut-être pas chercher le bonheur ailleurs que dans la musicalité des choses, au fond…

    Certes, l’Hudson n’est pas le fleuve le plus poétique du monde. Mais c’est un fleuve et il traverse New York. Pour le quadragénaire, il s’agissait là de deux bonnes raisons de passer du temps près de l’Hudson. C’est paisible, un fleuve. Même pollué, même en pleine ville. Bien sûr, ce n’était pas comme pêcher dans un lac en Colombie, mais sa seule présence près de l’eau apportait un peu de sérénité à Calderón Guerra.

    L’homme est un être complexe. Capable du pire comme du meilleur. Mais une attitude se retrouve en tout être, l’égoïsme. Même la personne la plus altruiste au monde est un être égoïste. Car l’homme ne fait rien pour rien. Il aidera ses congénères pour de l’argent, pour effacer une dette ou même simplement pour un sourire, pour de la reconnaissance. C’est pour cela qu’une personne altruiste est elle aussi égoïste. Certes, elle ne demande rien de matériel en échange de son geste. Non, ce qu’elle attend, ce qu’on lui offre, c’est un sourire, un merci qui prouve notre reconnaissance. Elle est récompensée par le fait qu’on reconnaît son existence, et que l’on parle en bien d’elle autour de nous. Une attitude si naturelle qu’on ne voit pas qu’il s’agit là de sa récompense. Et que la personne concernée ne se rend même pas compte que c’était là ce qu’elle attendait en aidant autrui. Mais si, par hasard, elle n’est pas remerciée pour son geste, regardez bien sa réaction. Son visage se crispera de colère et elle pensera que son "débiteur" est une personne ingrate et inintéressante. Preuve, s’il en est besoin, que tout homme est égoïste. Un être égoïste et donc, régi par ses désirs. Désirs qui mèneront parfois l’homme à sa propre perte.

    Le criminel savait cela. Il n’était pas dupe. Même si sa vie n’était plus dédiée qu’à sa survie, qu’à protéger son petit monde, il savait qu’il était égoïste. Comment ne pas l’être quand vous protégiez un monde entier, aussi minuscule soit-il, de tout votre être simplement par désir de ne jamais le voir mourir ? De ne pas le voir souffrir, changer ou pire, quitter votre vie pour toujours ? Rafael Calderón Guerra protégeait le secret de ses relations pour qu’elles restent à ses côtés, pour qu’elles restent sa Lumière et qu’elles le considèrent comme indispensable. Et c’était pour cette même raison qu’en leur présence il se laissait aller à ses sentiments, parce qu’il savait que son attitude de sociopathe éloignerait sûrement la magie de lui. Et ça, le quadragénaire blessé sentimentalement et relationnellement ne le permettrait jamais. La simple évocation de cette éventualité envoyait des courants électriques dans tout son être, libérant des effluves de désespoir mais surtout de rage. Calderón Guerra le savait, il ne laisserait pas partir tout cela facilement. Il serait même capable de tout détruire sur son passage pour les récupérer. Car cette vie dissolue était la seule chose qu’il ait daigné épouser, et d’une certaine manière, c’était sa moitié. Elle était la Lumière de ses Ténèbres. Son obsession, son amour impossible. Et jamais il ne la laisserait, pas sans un combat, qu’il soit mental, physique, psychologique, verbal ou les quatre à la fois lui importerait peu. Il utiliserait simplement tous les moyens qu’il possédait.

    Mais heureusement ce jour n’était pas encore arrivé et Rafael espérait bien que ce jour n’arriverait jamais. Seul l’avenir le lui  dirait, cependant il ferait tout son possible pour qu’il aille dans la direction qu’il voulait. Mais il ne pourrait que contrôler une infime partie de son chemin. Il lui faudrait donc faire comme d’habitude, réagir en fonction des événements, faire face aux imprévus et les tourner à son avantage. Si cela était possible.

    Présentement le membre du cartel colombien parcourait pour la énième fois les interminables quais de la ville, promenade qui n’était pas sans lui rappeler ses déambulations nocturnes dans les couloirs du collège où il était interne quand il était adolescent. C’était d’un ennui inimaginable, mais au moins cela le promenait. Comme aurait dit sa sœur Carmen,, il faisait du sport ainsi. Le sport… c’était loin d’être sa passion. Il n’était pas mauvais dans les différentes disciplines sportives qu’il avait dû suivre étant petit, mais il manquait de motivation et préférait de loin le sport cérébral. En effet le sport s’associait souvent à un esprit de compétition. Le besoin de gagner contre son opposant, qu’il s’agit d’un individu ou d’une équipe. Mais si au début le petit Rafael se fichait de gagner ou de perdre, en grandissant, il avait dû développer une véritable rage de vaincre. Notamment pour se faire sa place dans la famille. Mais il se cantonnait aux sports intellectuels. Les échecs. Les jeux de logique… et le sport en chambre, évidemment. Pour le reste, remplir la tâche demandée était sa seule raison de participer aux divers jeux sportifs. De toute manière il ne voyait pas en quoi c’était si important de gagner. Certes, un sentiment de fierté vous habitait en gagnant un match difficile, mais pour combien de temps ? Quelques minutes ? Quelques heures au grand maximum. Il éprouvait une fierté bien plus intense et bien plus durable en faisant travailler son intellect. Enfin, il s’éloignait du sujet.

    Calderón Guerra avançait en direction de la rambarde et ne rencontra que peu de personnes sur sa route. En effet les étudiants préféraient se regrouper dans les bars. Des terrains connus en somme, où ils se sentaient à l’aise et pensaient qu’il y avait moins de risque pour qu’ils se fassent agresser en ces lieux. Les idiots. La mort ne se limitait pas au nombre, à l’heure et encore moins à l’endroit. Quand elle voulait quelqu’un, elle se l’accaparait. On avait beau lutter, si elle ne souhaitait pas être clémente et nous laisser vivre encore un peu, elle nous aspirait dans l’au-delà. Fous étaient les êtres qui pensaient pouvoir la défier et la faire reculer. Si l’on survivait à son attaque c’est qu’elle s’était montrée charitable. Rafael le savait. Lui-même avait pu y échapper jusqu’ici. Pas sa petite sœur. Mais ceci était une autre histoire.

    Maintenant que les cours n’avaient plus lieu, qu’il n’y avait aucune raison de partir de la maison pour apprendre quelque chose de nouveau, qu’il se sentait pris au piège comme un rat dans cette ville, le temps n’avait plus d’importance. Il était inutile de se presser, il était impossible d’éviter le destin en se précipitant. De plus, si on se pressait de réaliser tous nos désirs par crainte de mourir avant que cela ne soit fait on risquait de se précipiter dans le gouffre du désespoir. Car si au final on ne mourrait pas ? Que nous resterait-il alors à faire ? Nous aurions déjà réalisé toutes nos envies. Or l’homme est fait de telle manière que ce sont ses envies qui le poussent à vivre. Quand il réalise toutes ses envies, il meurt. Pas physiquement, mais mentalement.

    Depuis la rambarde, l’homme savait qu’il pourrait voir son reflet dans cette surface non vitrifiée qui lui renverrait l’image qu’il renvoyait à tout le monde ici. L’image d’un homme sombre, ténébreux, triste et fier. Alors qu’il avait aussi tout à fait autre chose en lui. Si au moins le fleuve fonctionnait comme le miroir du Riséd de Harry Potter, il aurait pu trouver quelque raison de vivre ici, d’espérer, peut-être… mais la tristesse était là. Et l’homme pensait beaucoup à sa petite sœur, ces temps-ci…


©Richard Seiryu / It's Snow in hell


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Dernière édition par Rafael F. Calderón Guerra le Mar 6 Aoû - 11:10, édité 1 fois
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Invité
MessageSujet: Re: Every me and every you [Rafael & Sergueï]   Mer 31 Juil - 20:41

Rafael & Sergueï




    J'avais encore un peu de mal à réaliser, j'avais passé une nuit, pas des plus imaginatives, mais une superbe nuit torride avec ma très charmante collègue qui depuis était devenu mon partenaire. Dans ma section on travaillait en binôme, notre supérieur Owen O'Neils avait décidé de me mettre avec Pearl de Rougé. Ce n'était pas un problème jusqu'à ce qu'on se retrouve dans un bar, qu'après plusieurs verres elle décide de pousser la porte d'un univers jusqu'ici encore inconnu. J'avais essayé de ne pas être trop dur avec elle, qu'elle garde un bon souvenir de cette nuit et décide de revenir dans mon lit. Elle n'en avait pas idée, mais elle exerçait depuis le début un charme sur moi, j'étais comme envoûté et transporter dans un rêve où j'avais du mal à me réveiller. Je ne voulais pas non plus me réveiller, mes histoires n'avaient été que pour passer le temps, satisfaire mes besoins. Les sentiments n'avaient jamais eu leur mot à dire, jamais je n'avais aimer ma cousine, ma voisine deux fois plus âgée que moi, Shelley, une autre voisine et les prostituées que j'avais côtoyé. La vie ne changeait pas tellement en fait si ce n'est que j'avais enfreint le règlement, mais ni elle ni moi ne parlerions de cette... Ouf chevauchée fantastique !

    C'était avec le souvenir de ses longues jambes, de ses seins gros comme des oranges, de ses fesses rougies par la cravache, de ce sexe humide que j'avais goût et envahi, de cette peau douce comme la pêche. Oh cette femme je ne pourrais l'oublier ! Je n'avais pas pu dormir de la nuit, sentant son corps chaud contre le mien, collant par la sueur. J'avais passé le reste de la nuit à revoir devant mes yeux clos la soirée, comment elle avait commencée, comment elle avait finie, les moindres détails passés en revue. Ce n'était pas la première fois que je pensais ainsi d'une femme, une fois qu'elle m'attirait tel un papillon est attiré par une flamme, il m'était impossible de me défaire d'elle. Ça n'aurait été que folie de vouloir échapper à ce désir. Je savais qu'à vouloir ce trophée je me brûlerais les ailes, mais cela m'était bien égale, je la voulais et pas seulement une fois. Je la voulais jusqu'à ce qu'elle me vide de ma sève, ne satisfasse plus mes désirs, ne hante plus mes nuits.

    Quelques semaines après cet événement je dus prendre l'avion pour me rendre à New York. Mon club de boxe organisait régulièrement des rencontres avec d'autres clubs des villes avoisinantes et je venais donc en ce jour pour un nouveau match. J'aimais l'idée d'un combat, sentir l'adrénaline courir dans mes veines, pouvoir bouger mes jambes et mes bras pour atteindre mon adversaire. Tout ce qui m'importait au fond c'était de me battre, pas forcement de gagner le match, même si je devais bien admettre que j'étais assez mauvais joueur alors perdre c'était une autre question. Je me souvenais de la première fois où j'avais perdu face à un adversaire terrible, il avait un jeu de jambe incroyable et je n'avais pas su comment l'éviter. J'avais eu plusieurs cotes de cassées, une tête à faire peur et j'avais bien bu au moins plusieurs litres de vodka pour essayer de faire passer la douleur. Une chose dont je n'étais vraiment pas fier c'était d'avoir passer ses jours chez ma mère, caché dans mon lit elle s'était occupé de moi comme elle le faisait si bien quand je n'étais encore qu'un petit garçon.

    On était dans l'après-midi et il faisait une chaleur étouffante, j'aurais voulu profiter la matinée pour faire mon jogging mais je n'avais pu trouver un avion que dans l'après-midi, je ne pourrais courir que dans la soirée pour essayer de chauffer un peu mes muscles pour le match du lendemain. Je me promenais dans le parc, un soda à la main, ça m'arrivait des fois de boire du soda et pas de l'alcool mais uniquement hors de chez moi la main droite dans une poche, ne pouvant pas me promener librement torse nu j'avais opté pour un marcel noir d'où s'échappait les pattes de mon dragon, bien cramponné sur mon dos, il tentait quand même de s'échapper, souffrant sans doute lui aussi de la chaleur. Les écouteurs sur les oreilles j'écoutais le groupe en vogue en ce moment, venu des pays slave, et plus précisément de l'Ukraine Kazaky. Je marchais sans but, si je m'arrêtais sur un banc je serais aux prises avec la chaleur étouffante ce que je ne souhaitais pas.

© lou' sur Epicode


Dernière édition par Sergueï A. Vronsky le Ven 9 Aoû - 9:45, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Every me and every you [Rafael & Sergueï]   Mer 7 Aoû - 14:49



Every me and every you
Rafael Calderón Guerra & Sergueï Vronski





    La vie était quelque chose de bizarre. Il n’était pas évident de savoir exactement d’où on venait ni où on allait… Rafael avait tendance à se poser beaucoup de questions lorsqu’il était seul ou lorsqu’il était avec Carmen. Les autres ne comprenaient pas.
    Raf avait un côté un peu mystique qu’il ne mettait jamais en avant. Il avait lu pas mal de choses sur toutes sortes de sujets surnaturels, des trucs de magie et caetera, mais tout ça faisait partie de son jardin secret. Il se serait bien vu devenir un wiccan, un vrai, mais il y avait quelque chose qui l’empêchait de franchir le pas. C’était peu compréhensible pour les gens de son entourage. Juan lui aurait ri au nez. María aussi, sans aucun doute, mais l’homme n’en avait vraiment rien à foutre de ce que pensaient ses aînés.

    Penché au-dessus de la rambarde, l’Américain d’origine colombienne profitait de la chaleur de cet après-midi ensoleillé. Il portait un simple pantalon de lin beige et une chemise noire. Son regard se perdait sur l’eau de l’Hudson, il ne fixait aucun point précis, juste l’eau… et les mouvements du courant… ça avait quelque chose de vachement beau, tout ça.

    Seulement il y eut bientôt comme une lourdeur. La chaleur était sans doute exagérément intense. Même le sang colombien avait du mal à supporter une telle chaleur. L’homme se mit en quête d’une zone arborée où un peu d’ombre pourrait lui faire le plus grand bien. Marcher dans l’ombre des arbres de ce parc, c’était autre chose que de marcher dans les caves du restaurant familial, ou dans les grandes étendues caillouteuses et poussiéreuses de Bogotá.
    L’esprit empli de souvenirs divers, Calderón Guerra sortit bientôt une cigarette du paquet logé dans la poche de sa chemise, puis son briquet présent dans la poche de son pantalon de lin. Un Zippo au boitier métallique où était gravé le symbole fraternel qu’il avait tatoué à la cheville. Il caressa le métal de la pulpe de son pouce, pendant un moment, insistant sur la gravure dans le métal. Ils étaient liés, son frère, ses sœurs et lui, à vie, mais il y avait pourtant quelque chose qui dérangeait profondément Rafael dans tout cela.

    La cigarette au bec, Rafael semblait réfléchir à un tas de choses, en regardant ce Zippo. L’homme était calme, mais la nervosité que faisait naître en lui le simple fait de penser à son imbécile de frère lui était tout de même perceptible. Juan avait beau lui ressembler assez bien physiquement, sur le plan moral, ce n’était pas du tout la même chose. Rafael savait qu’il était censé l’aimer comme un frère, mais il ne pouvait faire autrement que d’éprouver une grosse part de haine envers ce frère aîné qui l’avait toujours considéré comme un chien, comme un moins que rien… Serrant le Zippo dans son poing, Rafael émit une sorte de grognement. Ce briquet, c’était un cadeau, mais un cadeau de faux-cul. Car Juan était faux, il le savait très bien. Et un jour, Rafael aurait la peau de ce connard. C’était aussi simple que ça.

    Soudain, il balança le briquet métallique. Loin, très loin de lui. Alors, il reprit sa marche et grogna à nouveau, prenant soudainement conscience que ce geste de balancer ce Zippo était suffisamment irréfléchi pour que Raf’ se retrouvait à présent avec une cigarette non allumée coincée entre les lèvres. Putain. Ce genre de conneries, Juan en rigolerait. Il le savait, cet enfoiré de pourriture s’était toujours cru au-dessus de tout le monde, à commencer par Rafael, bien sûr, puisque Juan n’agirait jamais comme cela… Juan était mieux que tout le monde, Juan agissait toujours en réfléchissant, c’était un type consciencieux, c’était un type réfléchi, c’était un type qui ne réagissait pas de façon impulsive, jamais… parce que Juan, c’était le top du top : non seulement il était le fils de l’alliance entre deux grandes familles colombiennes, mais, en plus, il était l’aîné, le cerveau, la rationalité… Putain de merde. Rafael était jaloux. Comme tous les petits frères. Il y avait toujours eu de la compétition entre Juan et lui, mais ça aurait pu changer si Juan n’avait pas passé son temps à considérer Rafael comme un chien à qui on peut donner un jouet et un nonosse en se disant que c’était assez pour contenter un petit frère.

    L’homme s’adossa à un arbre. La clope à la bouche, toujours pas allumée. Il inspirait profondément et semblait expirer toute la rancœur du monde. C’était le seul moyen qui fonctionnait sur lui quand il s’agissait de se calmer seul, sans cigarette, sans herbe, sans sang… Car un bon petit meurtre, ça calmait toujours les nerfs. Il fallait le savoir. Et, bon sang, quand Rafael pouvait s’offrir une bonne tranche de lard d’un gros con : avec un oignon émincé, un peu d’herbes pour aromatiser l’huile d’olive, des éclats d’ail non épluchés dans le plat où la viande cuirait dans le four, afin de créer une purée crémeuse bien gouleyante… Oui, tout ça avait un don pour apaiser Rafael.

    Et voilà, maintenant il pensait à de la bouffe. Enfin, de la chair humaine qu’il pourrait déguster. Il y avait un moment qu’il n’avait plus cuisiné cette délicate viande. Ce n’était pas comme si on pouvait en acheter comme on voulait dans une boucherie du coin. Non, c’était plutôt vachement disponible partout, mais la discrétion était de mise. Et ça, l’homme le savait pertinemment. Il ne voulait pas se faire arrêter pour une connerie du genre : ce serait débile de se faire prendre avec un steak de Caucasien dans la bouche.

    L’homme vit bientôt un type passer. Ecouteurs sur les oreilles, l’air de venir d’une autre planète… un côté appétissant, quand même...


©Richard Seiryu / It's Snow in hell


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Invité
MessageSujet: Re: Every me and every you [Rafael & Sergueï]   Ven 9 Aoû - 9:25

Rafael & Sergueï




    J'aurais volontiers ôter mon débardeur tellement il faisait chaud mais je ne savais pas si s'était permis de se balader torse nu sans courir comme un joggeur. A Grozny c'était presque normal de voir un homme se balader à moitié nu, combien de fois enfant par les chaleurs étouffantes j'avais traversé la rue pour aller voir un ami juste en short. Mais ici les règles étaient différentes, ma mère me l'avait appris dès mon arriver sur ce nouveau continent, on ne pouvait pas faire tout ce qu'on voulait. Il n'y avait que dans mon appartement que je pouvais me permettre de faire exception à la règle en me baladant le plus souvent en caleçon, je mettais parfois un pantalon si jamais quelqu'un venait me rendre visite. Mais comme c'était assez rare personne ne s'offusquait de mes manières.

    Je n'avais pas vécu très longtemps dans mon pays natale, j'avais treize ans à mon départ. Je me souvenais tout de même de pleins de choses qui avait frappé mon œil d'enfant en voyant la différence avec ici. Il y avait une chose qui m'avait frappé aussi c'était les filles, elles s'habillaient avec des bouts de tissu plus que des vêtements, si on comptait la longueur du tissu en question qui tenait office de jupe. On avait beau être dans un quartier tranquille les filles s'habillaient de la même façon qu'ailleurs. Tout ceci était pour aguicher le sang des hommes, faire bouillir les hormones, elles avaient leur petit air coquin, nous draguait ouvertement et dès qu'on voulait les embrasser ou les toucher elles hurlaient comme si on venait de les agresser. Je n'avais pas bien compris leur logique, si on s'habillait ainsi c'était bien pour attirer les hommes, elles savaient à quoi s'attendre. C'était comme si elles voulaient se prendre pour des prostituées mais qu'elles mettaient une barrière, "regarde moi mais ne me touche pas". Dans mon pays et bien d'autres pays slaves une fille montrant largement ses atouts c'était pour gagner sa vie en ouvrant les cuisses. Une fois j'étais tombé face à une de mes voisines qui tout fière de sa nouvelle jupe montrant sa culotte à fleur avait poussé un hurlement lorsque j'avais tenté de voir mieux sa culotte. Depuis j'avais mis de côté les américaines, des petites connes aguicheuses qui jouent les vierges effarouchées une fois qu'on s'approche trop.

    Je venais souvent à regretter d'être parti, durant toute mon adolescence j'avais inondé ma mère d'injure de m'avoir enlevé à mon père. Peut-être qu'au fond il était vivant, il avait besoin de moi pour l'aider et moi j'avais besoin de lui pour grandir. Le système de la mafia demeurait à l'époque un mystère pour moi et puis ma mère en avait eu tellement marre de mes lamentations qu'elle m'avait emmené voir un film assez immonde sur la mafia russe à Londres, montrant assez bien la haine entre les russes et les tchétchènes. Je n'avais plus rien dit depuis ce jour, j'avais très bien imaginé la peur qu'elle avait pu ressentir en me voyant revenir une fois à la maison le visage en sang, tabasser presque à mort par des enfants russes.

    On était toujours étranger, que ce soit parce qu'on vient d'une autre ville ou d'un autre pays. Rien qu'à votre façon de parler on est de suite différent, je savais que mes collègues riaient de mon accent slaves alors que je parlais aussi bien anglais qu'eux, voir même mieux. Au final je restais dans mon coin, je n'ennuyais personne et tout allait pour le mieux. En marchant mon pied vint cogner dans un objet métallique, je me baissais pour observer sous toutes les coutures l'objet en question. C'était un briquet, très beau mon père en avait eu un semblable. Il y avait une inscription dont je ne saisissais pas totalement le sens mais ça devait être le nom du propriétaire. La première chose à laquelle je pensais et aucun agent du FBI ne penserait à ça, c'était la meilleure dont je pourrais le revendre, ou faire fondre le métal pour récupérer de l'argent. Tout le monde pense à ce genre de chose lorsqu'on n'a pas une vie dorée et que les fins de mois se font sentir, j'avais beau vivre de vodka et de pomme de terre il fallait bien que je me nourrisse avec autre chose. J'allais le mettre dans ma poche lorsque je regardais autour de moi si personne ne m'avait vu mais sous les arbres il y avait un homme, regard fixé sur moi. Il avait un air langoureux à la Antonio Banderas et la carrure d'un videur de boîte de nuit, même de loin je pouvais sentir son regard de braise. Pendant quelques minutes je l'observais des pieds à la tête, remarquant qu'il avait une cigarette non allumée dans la bouche j'en fis la conclusion que le briquet dans mes mains devait être le sien. Je m'approchais un peu de lui, pas trop non plus au cas où il aurait décidé de me liquider sur place et lui montra le briquet.

    Il est à vous ?


© lou' sur Epicode


Dernière édition par Sergueï A. Vronsky le Mar 8 Oct - 11:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Every me and every you [Rafael & Sergueï]   Mer 25 Sep - 11:08



Every me and every you
Rafael Calderón Guerra & Sergueï Vronski




    Les parcs new-yorkais relevaient toujours d’une activité quasiment grouillante. C’en était parfois assez énervant, d’ailleurs. Entre les mémères qui promenaient leurs chiens qui ressemblaient à des brosses prévues pour nettoyer la cuvette des toilettes, les sportifs du dimanche qui trouvaient très intelligent de s’adonner à leur petit plaisir à peu près tous les jours de la semaine et les gosses qui jouaient et couraient dans tous les sens, il fallait reconnaître que les espaces verts de cette ville avaient perdu de leur sérénité. C’était dans l’air du temps, c’était sans doute normal : dans une société sans cesse en mouvement, il n’était pas envisageable de trouver un lieu de répit.

    Le mouvement… c’était la base de tout, dans la société actuelle. Il fallait se bouger pour réussir, pour trouver un boulot, pour sortir du lot… Toujours se bouger. Et dans un tel système de pensée, c’est le traditionnel « Marche ou crève » qui est de mise. Alors Rafael avait marché, parce qu’il n’y avait sans doute que cela à faire. La vie n’avait jamais été facile, il était de renommée publique que la vie ne faisait pas de cadeau. On a beau penser parfois qu’une fois l’enfance passée, ça ira mieux… puis on traverse l’adolescence en se disait que ça ira mieux une fois adulte… et quand on est adulte, on se rend compte que rien n’a de sens, qu’il faut juste avancer, que ça n’ira jamais mieux et que la seule tranquillité possible sera celle de la tombe…

    Calderón Guerra n’aimait pas sa vie. Il savait pertinemment que s’il était né dans une autre famille, dans d’autres circonstances, il aurait pu être un homme bien. Au lieu de cela, il avait appris à aimer le sang, à apprécier distiller la mort, à ne trouver de plaisir que dans la violence… son salut, en réalité, ne résidait que dans les moments où il pouvait cuisiner. Ces moments-là le projetaient au-delà de toutes ces choses pas très nettes… La cuisine gastronomique lui permettait de se couper suffisamment du monde et de la réalité pour ne pas penser à la haine qui le dévorait de l’intérieur.

    La haine… Un sentiment fort, bien plus costaud que n’importe quel autre. Jamais Rafael n’avait aimé autant qu’il était capable de haïr. Il haïssait son frère aîné, il haïssait tous ces putains de consommateurs américains qui ne voyaient jamais plus loin que le bout de leur nez… Il haïssait jusqu’au simple contact humain de base avec toute autre personne que ceux de sa famille. Il haïssait tous ceux qui rendaient la vie dure à Juan – ce droit ne devait revenir qu’à lui seul et à personne d’autre ! Il haïssait tellement de choses et de gens qu’il n’était même pas sûr de ne pas haïr la vie.

    Il ne fallait pas penser à tout cela. Se concentrer sur autre chose. Ne pas penser à la bouffe non plus. Ne pas envisager déjà que le type blanc qui approchait pourrait faire un excellent rôti avec des airelles et des pommes de terre de couleur violette… Pour un peu, Rafael aurait bientôt imaginé la pomme calée entre les dents de cet homme. Non, c’était mauvais de penser à cela. En rentrant, il cuisinerait un plat assez complexe pour nécessiter le monopole de tous ses sens et de toute son attention. Voilà ce qu’il fallait faire. Déplacer tout le négatif pour le réinvestir dans quelque chose de bien plus positif.

    Sans qu’il n’y fasse vraiment attention, Calderón Guerra suivait l’homme du regard, geste inconscient d’un homme qui ne cherchait rien d’autre que d’éviter de penser. Mais cela ne fonctionnait pas. Et bientôt, l’homme approcha et montra un objet métallique à Rafael. Le Zippo. Comme quoi… on ne se débarrasse malheureusement pas si facilement de sa famille.


    "Oui. Vous le voulez ?"



©Richard Seiryu / It's Snow in hell


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MessageSujet: Re: Every me and every you [Rafael & Sergueï]   Mar 8 Oct - 11:46

Rafael & Sergueï



    Maintenant que j'étais proche de l'homme sous les arbres je lui trouvais un air moins langoureux que Banderas, il avait un regarde de tueur, le genre de regard que l'on croise lorsqu'on a déjà eu affaire à la mafia et les caïds des banlieues. Il y avait quelque chose de dangereux dans les yeux de cet homme, peut-être dû à l'étincelle que je pouvais y lire. bref c'était le type à qui on ne volait pas le portefeuille ou alors si on courait assez vite pour le semer dans les rues, mais je donnerais ma main à couper qu'il était parfaitement capable de courir vite et de me trancher la gorge sans faire le moindre bruit. Je devrais arrêter de fréquenter ce type de personne, ça ne me vaudrait rien de bon et avec mon métier on risquerait de s'imaginer que je basculais du côté obscur de la force, je n'y pouvais rien si malheureusement mes plus chers amis faisaient partis d'un réseau de marchand d'arme en liaison avec Grozny. A l'époque où j'avais fait mes connaissances je ne m'imaginais pas travailler pour les citoyens américains.

    Non, j'en avais un du même genre. Mais je connais des gens qui pourraient vous le reprendre à bon prix.

    Je baissais le regard sur l'objet métallique que je tenais toujours dans ma main, j'observais un peu mieux l'inscription, je pouvais y lire des prénoms mais je n'en comprenais pas le sens. Ça devait être des prénoms d'ancêtre de l'homme en face de moi, un symbole familiale comme des personnes possèdent des bijoux, de la vaisselle en souvenir de leurs chers ancêtres. Personnellement je n'avais rien garder en souvenir de mon défunt père, ça aurait été lui donner trop d'importance. Il n'avait fait que de me donner naissance dans un monde où la violence régnait en maître, il avait toujours été absent alors que je serais peut-être devenu un autre homme s'il avait ne serait-ce accorder la moindre attention à ma petite personne. Non ! Les seuls souvenirs que je conservais était gravé à jamais dans ma mémoire, un regard rempli de haine !

    C'est un bel objet !

    Et il marchait bien, répondant vite à l'allumage. Je le testais comme ça, juste pour voir et entendre de nouveau le bruit du déclenchement du mécanisme. Je ne fumais pas, je n'avais pas envie de mourir dans quelques mois. La vie était moche, cruelle... Mais j'y tenais quand même. Lorsqu'on bascule dans l'inconscience pendant plusieurs jours on s'aperçoit que même si on n'aime pas la vie, on ne veut pas la perdre tout de même. Après un match de boxe particulièrement difficile, violent et pas du tout légale ce que je me permettais de faire avant d'entrer au FBI,. J'avais été pendant deux jours à demi-conscient, j'avais pris un mauvais coup sur la tête et ce n'était que quand on m'avait annoncer que deux jours s'était écoulés je n'avais pu y croire. Pour moi je n'avais fait que dormir huit heures comme tout le monde et pas deux jours. Il n'y a que dans ces moments là qu'on réalise le privilège que l'on a d'être en vie, il y avait tellement de gens jeunes qui perdaient la vie à cause de guerre, conflit politique qu'il faut éviter de mourir à cause de bagatelle telle que la cigarette.


© lou' sur Epicode
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Invité
MessageSujet: Re: Every me and every you [Rafael & Sergueï]   Jeu 12 Déc - 17:39



Every me and every you
Rafael Calderón Guerra & Sergueï Vronski





    S’il avait su lire dans les pensées de cet homme, Rafael lui aurait déjà cogné dessus. Même s’il avait de lui-même une image bien plus sordide que ce que son regard pouvait trahir, Calderón Guerra ne supportait pas le fait de sentir des yeux comme ceux-là se poser sur lui. Surtout lorsqu’il s’agissait des yeux d’un parfait inconnu. Cela lui faisait bien trop penser au regard que Juan avait si souvent posé sur lui, à ceci près que ce type, contrairement à son cher frère aîné, n’avait pas l’air méprisant.À la vérité, Rafael détestait être toisé. Quand il avait l’impression qu’un regard lui vrillait les entrailles, il se mettait à bouillir de l’intérieur. C’était ce genre de sentiment qui le faisait généralement agir avec impulsivité.Il devait se contenir. Ne pas répondre trop sèchement ou trop brutalement. Après tout, cet homme n’était peut-être pas un ennemi…

    "J’ai l’air d’avoir besoin d’argent ?"

    Voilà, ce n’était ni trop sympathique ni trop agressif. Cela pouvait même éventuellement être interprété comme une boutade.L’homme avait toujours le Zippo dans la main. Il s’était mis à l’observer avec beaucoup d’attention, comme s’il cherchait à en percer les mystères. Mais Raf se tenait prêt à passer à l’action si c’était nécessaire.Bientôt, le type lâcha une nouvelle phrase, bien plus neutre que la précédente, évoquant simplement le briquet qu’il testait comme s’il se trouvait dans une boutique pour choisir un briquet pour lui-même. Sans doute une personnalité originale.Le New Yorkais d’origine colombienne se contenta d’un haussement d’épaules.

    "Si vous le dites…"

    L’objet était peut-être beau, mais il n’avait rien d’une œuvre d’art. C’était un bête Zippo de couleur argent – Rafael n’avait même jamais pris la peine de vérifier si l’argent était véritable – avec une inscription familiale gravée sur le devant.L’homme n’aimait pas l’idée de faire graver des objets aussi anodins avec des symboles familiaux. Surtout que la famille, ça désignait aussi son connard de frère. Et rien que pour ça, c’était comme traîner un boulet de rancœur avec soi que d’avoir des objets pareils. Mais c’était la tradition…

    Calderón Guerra avança la main gauche vers l’homme, pour récupérer son bien. Sur son poignet étaient visibles quelques cicatrices qui pouvaient presque passer pour des résidus de tentatives de suicide. C’était idiot, mais parfois, c’était plus utile de passer pour un être instable ayant essayé de s’ôter maladroitement la vie que de se montrer tel qu’on est vraiment. Quels étaient les mots qui étaient le plus souvent revenus, déjà, pour parler de lui ? Rafael avait eu droit à psychopathe et sociopathe, mais impossible de se souvenir du reste. Il n’avait jamais cherché à savoir si c’était vrai, d’ailleurs, car il se foutait pas mal de l’image que l’on pouvait avoir de lui. Seule comptait l’affection des proches. Un cercle très restreint.


    "Merci de l’avoir ramassé. J’ai dû le perdre tout à l’heure en passant."


    Pieux mensonge. Mais si le type lui demandait pourquoi il était si loin de son briquet, cela justifiait l’affaire sans problème. Il ne restait qu’à ajouter que son pantalon devait avoir une poche percée ou quelque chose comme cela et c’était bon.




©Richard Seiryu / It's Snow in hell


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Invité
MessageSujet: Re: Every me and every you [Rafael & Sergueï]   Jeu 19 Déc - 21:30

Rafael & Sergueï



    Non en effet, à juger d'après ses vêtements il n'avait pas du tout besoin d'argent. Il ne portait pas non plus un costume taillé sur mesure. Ses vêtements étaient simples mais on sentait qu'ils ne venaient pas de la première boutique pas chère du coin. Je n'avais fait que lui donner un conseil, il n'allait certainement pas vouloir vendre son briquet alors qu'il devait être un bien de famille. Je le lui rendais, je n'allais pas le garder de toute façon il m'avait vu le prendre. Et ce n'était pas le genre d'homme à qui on devait poser de problème, il avait un regard qui pouvait vous transpercer sur place, vous tuer rien qu'en levant le petit doigt. Il tendit la main vers moi afin que je lui rende son zippo, je pus apercevoir sur son bras des marques de coupure. Je pourrais penser que jeune adulte il avait perdu la femme de sa vie, s'était ouvert les veines, les marques hurlaient son désespoir, sa colère. On était pas dans un roman d'amour. La raison devait être toute simple, soit il avait vécu une adolescence difficile et avait voulu partir de ce monde, soit il c'était tout simplement bagarré au couteau. Il pourrait avoir les mêmes questions dans sa tête, moi aussi j'avais des marques sur mes bras. Durant mon adolescence je m'étais fait des marques, pas pour me donner la mort mais pour me punir d'avoir fait souffrir ma mère pendant des années, de devoir supporter tous les jours un fils qui lui rappelait son salaud de père.Ma petite étoile sur mon poignet ne pouvait malheureusement pas caché tout mais elle avait le mérite de colorer mon bras blanc. Enfin bon, je lui rendais son poser de question son zippo, c'était le sien après tout. Je m'écartais un peu après cet échange, il ne manquerait plus qu'il décide de m'envoyer son poing dans la figure pour avoir oser toucher à quelque chose lui appartenant. C'est ce qui pouvait arriver dans les bas quartiers ou dans es endroits peu fréquentables.

    Faites attention quand même, on sait jamais sur qui on tombe.

    Travailler pour la justice ce pays ne voulait pas forcement dire être blanc comme neige, combien de fois on pouvait lire dans les journaux ou entendre à la télévision qu'un agent de police avait profiter d'une rafle chez un suspect pour prendre de la drogue pour sa consommation personnelle, qui touchait des pots de vin. Ce n'était pas parce qu'on était dans les hautes sphères, loin de tout soupçon qu'on ne se laissait pas tenter un tant soit peu par l'interdit. On ne devait pas se méfier de tout le monde, sinon on ne pourrait pas être détendu un seul instant, mais j'avais appris avec la vie et dans mon métier au FBI que malheureusement n'importe qui pouvait se laisser aller à des instincts meurtriers. Cet homme ne m'inspirait aucune confiance, allez savoir pourquoi, mais je n'avais pas non plus la tête d'un petit ange. En plus il y avait des gens qui disaient que tous les tatoués étaient des mauvaises personnes, il pourrait très bien faire partie de cette génération pensant avoir à faire un voyou sans vergogne, voleur de briquet en argent, prêt à le revendre à un prêteur sur gage ou aller dans un camion pour faire fondre le métal.

    Bonne journée !


© lou' sur Epicode
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Invité
MessageSujet: Re: Every me and every you [Rafael & Sergueï]   Sam 28 Déc - 11:39



Last night was so bright, I saw your eyes. You came to my mind, but you wouldn't go out
Rafael Calderón Guerra
& Sergueï A. Vronsky




    Si l’on en croit les clichés, les types tatoués que l’on rencontre par hasard dans les parcs ne sont pas des gens dignes de confiance. Dans certains cas, c’était vrai, dans d’autres non. En voyant le tatouage que cet homme portait au poignet, Rafael avait pensé à son tatouage à lui, sur la cheville. Amusant point commun entre eux, outre leur présence dans le parc et la méfiance palpable de l’un comme de l’autre.
    Ils avaient aussi, tous les deux, des cicatrices au niveau des poignets. Vestiges du passé, certes, mais de quel type de passé, c’était une toute autre question. Quand on lui demandait ce qu’étaient ces marques sur lui, Calderón Guerra répondait évasivement que sa jeunesse n’avait pas été rose tous les jours et qu’il avait bien failli en finir plus tôt que prévu. En discutant un peu avec lui, au fond, il n’était pas bien difficile de comprendre que le New-Yorkais d’origine colombienne avait grandi dans l’ombre d’un frère aîné avec qui les relations étaient très souvent conflictuelles. De là, toute personne se sentant un peu psychologue dans l’âme pouvait déduire que Rafael avait dû être mal dans sa peau étant plus jeune et qu’il était sans doute normal qu’il ait à présent cet air sombre et cette méfiance à l’égard de tous.

    Quand il y pensait, Rafael trouvait que les gens étaient tout de même faciles à berner, bien souvent. Il ne leur fallait pas beaucoup d’éléments pour qu’ils tirent des conclusions et ne cherchaient pas forcément à vérifier leurs hypothèses. Et même si c’était le cas, faire semblant d’aller dans leur sens et d’acquiescer avec étonnement à leurs affirmations, ça n’avait rien de compliqué.

    L’homme rendit son briquet argenté au quadragénaire qui lui adressa ce qui, venant de lui, était le plus proche d’un sourire. Oui, malgré tout, il fallait être reconnaissant envers les gens quand ils étaient corrects. Et puis, d’une certaine manière, il y avait, dans ce type, quelque chose qui attirait une forme de sympathie. Impossible de savoir quoi exactement, peut-être cette impression d’avoir des points communs…


    "Merci… Je ferai attention, promis." Le visage de Rafael semblait s’être en quelque sorte ouvert. Il y avait quelque chose de drôle dans la situation… mais ce n’était pas le moment de rire. Non, il fallait la reconnaissance. Remercier ce type et, éventuellement, lui manifester de la gratitude. "Ecoutez, je ne sais pas trop comment vous remercier… c’est un objet de famille et j’y tiens beaucoup… Que diriez-vous de venir manger un soir dans mon restaurant ? Vous amenez votre compagne et l’addition sera pour moi." C’était ce que les gens normaux faisaient, non ? Rafael prit une carte de visite du restaurant Sabor a Colombia dans sa poche et la glissa dans la paume de la main de l’inconnu. "Vous n’aurez qu’à demander Rafael quand vous arrivez et je m’occuperai de tout."

    Calderón Guerra avait un peu l’impression d’en faire un peu beaucoup… mais dans l’imaginaire collectif, les Ibères sont plutôt reconnaissants, non ? Bien sûr, Juan ne serait pas de cet avis, il irait même, sans doute, jusqu’à critiquer cette gratitude, mais Raf s’en fichait. Ce qui comptait, c’était de donner de soi une image assez positive. Ce type lui avait rendu service, alors il le remerciait. Voilà le topo.

    Au bout de quelques instants, l’homme finit par saluer Rafael, lui souhaitant de passer une bonne journée après lui avoir conseillé de faire attention aux personnes sur qui il pouvait tomber. L’avertissement était inutile, car le véritable danger, ce n’était pas les gens que rencontrait Rafael, c’était surtout la famille Calderón Guerra. Il suffisait que Juan apprenne que son cadet avait voulu se débarrasser d’un précieux objet de famille pour que Rafael s’en prenne plein la gueule.


    "Passez une bonne journée également…"

    Nul ne savait de quoi serait fait le lendemain, mais une chose était sûre : cet homme, si Rafael le croisait à nouveau, devrait bien réfléchir avant de choisir l’attitude qu’il aurait. Rafael lui ouvrait une porte, c’était à présent à lui de décider ce qui adviendrait de cela.


©Richard Seiryu / It's Snow in hell


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